Pendant que les majors s’embourbent, les "minis" font jusqu’à +400%

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Puisque Florent fait un point sur la politique énergétique américaine, regardons ensemble d’un peu plus près l’évolution du cours des majors. Pour information, vous trouverez ci-dessous un tableau de variation des cours des matières sur la semaine écoulée.

Totale décorrélation…
Entre le creux de mars 2009 et leur sommet 2010, le cours du pétrole est passé de 35 $ à 88 $. Plus de +100% de hausse !

Sur la même période, les indices actions ont affiché un rebond généralisé de 50% en moyenne.

Et les valeurs pétrolières ?

Encéphalogramme plat… Ou presque
Elles n’ont que très peu profité du rebond du cours du pétrole et des indices actions.

▪ Prenons Total par exemple : le titre cotait 35 euros au creux de mars 2009 contre 39 euros aujourd’hui. Soit un petit +11%…

▪ Exxon cotait 61 $ au creux de mars 2009 contre… 61 $ aujourd’hui.

▪ Royal Dutch Shell fait partie des bons élèves : +30% sur la période.

▪ Et quand j’analyse l’indice Dow Jones Sector Titans 30 Index – Oil & Gas, la performance est de 25% sur la période seulement.

Je ne vous parle pas de BP qui a vu sa capitalisation boursière fondre d’un tiers récemment… pour cause de marée, noire.

Pourquoi cette contre-performance ?
Les investisseurs doutent.

Ils n’ont pas tort.

Les majors sont coincées entre l’enclume et le marteau. Voici pourquoi :

Problème numéro un : assurer le renouvellement de leurs réserves
Or c’est un exercice de plus en plus difficile. L’essentiel des réserves de pétrole de la planète gît dans des pays politiquement sensibles.

En outre, avec la hausse des cours et la manne budgétaire qui en résulte, la plupart des pays ont remis la main sur leurs réserves nationales pour les faire exploiter par des groupes nationaux/étatiques (les majors étant écartées). Et lorsque les majors ont des accès, ils sont de plus en plus couteux en termes de royalties à reverser.

Parallèlement, extraire le brut est de plus en plus coûteux
Du fait :

▪ de la hausse des cours du pétrole (l’activité est fortement énergivore) ;

▪ de l’utilisation de technologie de plus en plus couteuses et pointues pour extraire le brut d’endroits jusqu’ici inaccessibles ;

▪ de l’inévitable renforcement des normes de sécurité et de la réglementation.

Tous ces coûts, toujours croissants, rognent les marges des majors
Et c’est bien parce que les investisseurs craignent de voir les marges des majors s’amenuiser qu’ils n’ont pas plébiscité les groupes pétroliers ces derniers mois.

L’affaire BP n’a fait qu’enfoncer le clou : les investisseurs anticipent un durcissement des contraintes réglementaires pesant sur les forages off-shore. Les coûts d’exploitation off-shore au large des côtes nord-américaines iront croissant.

Impossible de “s’asseoir dessus”
Il y a au large des côtes nord-américaines plus de 200 milliards de barils de pétrole. C’est un tiers des réserves de l’Arabie Saoudite ! Impossible de “s’asseoir dessus”.

Les majors devront “payer” le prix fort pour extraire ce brut.

Elles devront payer aussi payer le prix fort pour aller chercher le brut au fond de l’Arctique. Elles paieront encore pour aller le chercher au large du Brésil.

Les majors sont dos au mur
Leurs coûts augmentent constamment, et de tous côtés. C’est factuel et structurel.

Elles doivent trouver un moyen d’absorber ces coûts supplémentaires, de sauver leur marges, pour pouvoir continuer d’investir dans l’exploration/exploitation. Question de survie.

Comment ?

Toute la question est là.

Que faire ?
Vous comprenez maintenant d’où vient la relative faible valorisation des pétrolières actuellement (Total se paye seulement neuf fois ses bénéfices 2010). Trop d’incertitudes. Trop de doutes.

Et vous comprenez aussi pourquoi il vaut parfois mieux investir dans des petites pétrolières. Plus souples, plus réactives, plus discrètes. Et souvent bien plus rentables. A titre d’exemple, la petite pétrolière recommandée par Thomas Chaize dans notre rapport spécial en avril 2009 est passé de 20 à 100 livres sterling. +400% !

Restez à l’écoute,

Isabelle Mouilleseaux

Cours à
3 mois
Vendredi
14/05/2010
Vendredi
11/06/2010
Variation/mois
Aluminium* 2 107 1 963 -6,83%
Cuivre* 6 986 6 493 -7,06%
Plomb* 1 980 1 700 -14,14%
Nickel* 22 175 19 375 -12,63%
Etain 17 575 16 800 -4,41%
Zinc* 2 087 1 756 -15,86%
Acier (Méditerranéen) 475 405 -14,74%
Pétrole light
(New York 1 mois)
72 75 4,94%
Or (spot) 1 231,40 1 227,50 -0,32%
Argent (spot) 19,34 18,22 -5,79%
Platine (spot) 1 717,00 1 539,00 -10,37%
Blé
(le boisseau sur le Cbot)
4,69 4,40 -6,18%
Maïs
(le boisseau sur le Cbot)
3,66 3,48 -4,92%
Soja
(le boisseau sur le Cbot)
9,46 9,45 -0,11%

* cours en $ sur le LME à trois mois

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.