Les tribulations des cours de l’or de ces derniers mois ont vu apparaître des offres commerciales qui vous paraissent toutes plus alléchantes les unes que les autres : achat, vente, placement…
Vous avez retrouvé les vieux napoléons que votre grand-père vous avait donnés. Vos questions sur l’or physique affluent.
Je m’appelle Bruno Collin et je vais tenter d’y répondre. Tous les mois, dans L’Investisseur Or & Matières, je tiens une chronique numismatique et y donne des conseils. Je n’ai pas de boutique, je n’ai rien à vous vendre en dehors de ces conseils.
Etudiez avec circonspection toutes ces annonces. Car il y a or et or…
En effet, nombre de ces offres portent sur des produits qui n’ont aucun avenir ou qui, du moins, vont vous faire perdre une grosse partie de votre investissement. Voilà les astuces et les pièges pour bien acheter et vendre vos pièces d’or.
Monnaie ou médaille, quelle différence ?
Apprenez d’abord à distinguer les monnaies des médailles. Pourquoi ? Seule une monnaie fera l’objet d’une cotation internationale, qui sera régulièrement publiée. Jamais une médaille.
Car, première leçon à retenir, il n’y a aucun marché secondaire en France, et aucun argus, pour ce type de produit, qui ne pourra se revendre qu’au prix du métal (c’est-à-dire avec une forte décote) ou auprès d’un hypothétique amateur. Ceci est valable même si ces médailles font l’objet d’un tirage limité.
Comment distinguer les deux ?
Le principe le plus simple à retenir est que la monnaie porte toujours une valeur faciale, ce qui n’est pas le cas de la médaille. Cette valeur faciale montre que cet objet a reçu un cours légal, qui lui confère le statut de monnaie.
Surtout, ne vous laissez pas abuser par des médailles qui pourraient ressembler à des monnaies, en particulier en présentant des symboles similaires : devise républicaine, symboles de l’Etat, millésime…
La médaille peut-elle être un investissement ?
L’acquisition de médailles de collection contemporaines en métal précieux ne peut, en aucun cas, constituer un placement financier.
En revanche, vous pouvez vous faire plaisir, car la qualité des fabrications est la même que celle de nombre d’objets d’art et les plus grands artistes mondiaux ont pu collaborer à ces créations. Rien que pour la France vous pouvez trouver en médaille des oeuvres de Georges Mathieu, Dali, Trémois, Belmondo (le sculpteur, pas l’acteur)…
Pourriez-vous vous offrir une oeuvre d’art originale, en tirage limité, d’un de ces grands artistes à un prix aussi attractif ? C’est ce qu’ont compris d’autres pays comme le Royaume-Uni, les Etats-Unis ou l’Allemagne qui ont, en matière de médailles, un marché très soutenu.
La monnaie ? Oui, mais d’occasion !
Ne croyez néanmoins pas que, sous prétexte qu’il s’agit de pièces de monnaie (donc possédant une valeur faciale), votre investissement sera automatiquement mieux placé. Ce serait trop simple.
Malheureusement, un certain nombre d’Etats (pas toujours les plus petits) utilisent ce vecteur, à l’instar de la philatélie, pour récupérer des "royalties". Ils "vendent" leur droit régalien d’émettre des monnaies ayant cours légal à des sociétés émettrices, qui frappent, en leur nom, des pièces sur des sujets commercialement porteurs : Jeux olympiques, Coupe du Monde de football, grands artistes peintres…
Le prix de vente de ces pièces est très supérieur à la fois à leur valeur faciale et à leur valeur métallique. L’intérêt de ces émissions est donc assez limité… comme leur tirage.
Si vous êtes intéressé par tel ou tel thème, mieux vaut attendre que ces pièces se retrouvent sur le marché secondaire où, dans la grande majorité des cas, vous pourrez vous les procurer à un prix beaucoup plus intéressant que celui de leur mise en vente initiale. Les bourses numismatiques constituent souvent le "cimetière" de ces émissions.
Comment acheter et vendre vos pièces d’or avec un maximum de sécurité et l’espoir de faire quelques bons placements ?
Nous verrons cela mardi prochain ensemble.
Bruno Collin


