Platine ou palladium ? Misez sur le bon cheval !

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Ces métaux sont comme deux frères jumeaux…
Le platine a gagné jusqu’à 126% depuis son point bas touché au coeur de la crise de l’automne 2008 ; et son petit frère le palladium s’est envolé jusqu’à 225% sur la même période.

Pourquoi une telle envolée ? La tendance va-t-elle se poursuivre ?

Petit tour d’horizon…

Un marché ultra-concentré côté producteur
Tout d’abord, sachez que la production de ces métaux est concentrée entre les mains de deux producteurs. L’Afrique du Sud et la Russie produisent respectivement 80% et 15% du platine mondial, 35% et 46% du palladium. Celui-ci étant un sous-produit des mines de platine et de nickel.

L’industrie automobile fait la pluie et le beau temps
Seconde caractéristique, le secteur automobile représente plus de 50% des débouchés de ces métaux, loin devant la bijouterie et la demande d’investissement. Le platine étant utilisé dans les pots catalytiques des véhicules diesel, et le palladium dans les pots catalytiques des véhicules essence. Retenez cette différence.

Comment expliquer l’envolée des cours ?
- Boom du secteur automobile
Si la demande pour nos métaux s’est effondrée à l’automne 2008, à l’image du secteur automobile exsangue, le redémarrage de ce secteur dopé à coups de primes à la casse et plans de relance, les a sortis du rouge. Le marché automobile a explosé de 56% sur un an en Chine, atteignant un niveau jamais égalé. En Europe et aux Etats-Unis, le redémarrage du secteur s’est fait sur les chapeaux de roues. La demande des constructeurs a fortement tiré la demande en platinoïdes sur 2009.

- Boom de la demande d’investissement
En début d’année, trois fonds indiciels (ETF) assis sur le platine et le palladium et adossés à des quantités physiques de métal, ont été autorisés et introduits aux Etats-Unis. Les investisseurs se sont rués dessus, obligeant les fonds à acheter massivement du métal physique sur le marché, ce qui a soutenu les cours.

- Retour des bijoutiers
20% de la demande de platine émane de la bijouterie (16% pour le palladium). Or la demande des bijoutiers s’est inscrite en très forte hausse l’an passé. Ces derniers, très sensibles au prix du métal, ont été attirés par l’effondrement des cours et ont acheté du métal à bon compte pour reconstituer leurs stocks. Cette demande de platine s’est ainsi envolée de 80% en 2009, en grande partie grâce à la Chine.

Voilà pour les facteurs clés de soutien. Vous vous demandez certainement à présent quelles sont les perspectives de ces métaux.

Quelles perspectives pour le platine ?
- Compte tenu de l’envolée des prix, je m’attends une stabilisation, voire une baisse de la demande des bijoutiers.

- Concernant la demande d’investissement, les flux vers les ETF sont en net repli depuis l’effervescence du début d’année, et devraient se stabiliser.

- Je suis sceptique quant à la demande automobile, les véhicules diesel équipant essentiellement le marché européen, déjà mature. En outre, la reprise économique de l’Europe sera faible et l’arrêt des primes à la casse pèsera sur le secteur. Enfin, les nouveaux pots catalytiques permettent de substituer jusqu’à 30% le platine par le palladium, ce dernier étant trois fois moins cher que le premier. Voilà pourquoi le potentiel de hausse du platine me paraît limité.

En résumé, le potentiel de hausse du platine me paraît à ce stade relativement limité.

Quelles perspectives pour le palladium ?
Les choses sont différentes pour le palladium.

- Du côté de l’offre, même si on s’attend à une réouverture des mines, donc à une légère reprise des volumes, la tendance structurelle est à la baisse et le marché devrait être cette année déficitaire.

- La demande d’investissement devrait rester soutenue en 2010 et dépasse déjà celle de 2009.

- Quant à la demande automobile, le marché des pots catalytiques des véhicules essence profitera de l’explosion du marché automobile chinois. N’oubliez pas que le taux d’équipement est de huit automobiles pour 1 000 habitants en Chine contre 500 au Japon et 745 aux Etats-Unis ; et que le marché chinois devrait dépasser le marché américain dès 2020. Le potentiel de croissance est énorme et le palladium, non substituable ! , est aux premières loges pour en profiter. Voilà pourquoi le potentiel du palladium reste à mon avis très intéressant.

Le grand atout du palladium : c’est la Chine. Et c’est ce qui me fait croire en son potentiel de hausse à moyen et long terme.

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.