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Infime, ce pourcentage est pourtant synonyme d’un changement d’une ampleur considérable : il s’agit de la première taxe au monde imposée sur les contrats à terme et les produits dérivés sur les matières premières.
L’heureuse initiative en revient à la Corée du Sud qui appliquera sa taxe à partir de 2016.
Auréolé de ce titre de premier pays à oser taxer ses opérations financières, son geste souligne le chemin parcouru depuis la crise alimentaire de 2008. L’indice FAO des prix des produits alimentaires était alors passé de 139 à 219 entre février 2007 et février 2008.
Aujourd’hui, la décision de la Corée du Sud rappelle que la financiarisation du marché des matières premières est toujours combattue. Et ce d’autant plus que de nouvelles menaces de crise alimentaire s’élèvent aujourd’hui.
Pourtant finance et matières premières alimentaires ne sont pas incompatibles. Elles seraient même indissociables et indispensables.
Investir sur les matières premières alimentaires peut être profitable ET moral !
Et voici comment :
De la faillite de la régulation internationale…
Depuis la crise alimentaire de 2007 et de 2008, les banques étaient dans le viseur d’un grand nombre d’acteurs économiques. De l’homme politique à l’économiste en passant par mon coiffeur, tous s’accordaient à dire que les banques étaient la cause du problème.
Dans un spectaculaire retour, l’Etat se dressait alors comme le seul acteur capable de redonner un peu de moral dans ce monde de brutes de la finance internationale.
L’action en commun des Etats, dans le cadre du G20 notamment, a rapidement montré ses limites. Vous vous souvenez peut-être des déclarations de matamore de Nicolas Sarkozy en 2011, promettant de mettre au pas les spéculateurs sur les matières premières ? Vous vous souvenez peut-être plus de la souris dont le sommet du G20 de juin 2011 avait accouché. Les projets de taxe internationale ou de limitation des positions spéculatives avaient disparu rapidement du projet final.
La crise des dettes publiques en fin d’année a fini d’emporter le peu de confiance que les Etats avaient acquis après 2008.
Des mesures contre la spéculation ont tout de même été prises, par des acteurs que l’on attendait plus.
… aux vertus du bank bashing
Si Bob Diamond ou Lloyd Blankfein, respectivement PDG de Barclays et de Goldman Sachs, se sont fait tirer l’oreille par la SEC, le régulateur américain, en 2009, ces banques se sont pourtant malheureusement rapidement remises à leurs activités spéculatives d’un goût douteux.
Si Bob Diamond ou Lloyd Blankfein, respectivement PDG de Barclays et de Goldman Sachs, se sont faits tirer l’oreille en 2009 par la SEC, le régulateur américain, ces banques se sont pourtant rapidement remises à leurs activités spéculatives d’un goût douteux.
Pourtant l’exercice de contrition de 2009 n’a pas été totalement indolore pour ces banques. Ces acteurs économiques ont également une image à défendre. Le bank bashing passé, elles devaient rapidement redorer leur blason. Ne serait ce que parce que la confiance est une des valeurs qu’elles doivent incarner pour rassurer les investisseurs.
C’est pourquoi les banques ont commencé à prendre des mesures contre certaines de leurs activités. Et notamment sur les matières premières.
La spéculation reflue
Dans Le Monde d’aujourd’hui, Paul Jorion révèle que les fonds d’investissements sur les matières premières ont amorcé un repli depuis le début d’année, alors même que “des positions spéculatives apparaissaient sur le marché des céréales”.
Les banques ont suivi le mouvement. Les banques Commerzbank et Volksbank ont retiré de la vente leurs produits financiers indexés sur les prix des denrées alimentaires. Des mouvements similaires ont été observés aux Etats-Unis.
Les raisons de ces mouvements sont nombreuses :
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Le manque de profitabilité
Ne soyons pas béatement admiratifs, les banques ont également un intérêt. Le cycle haussier des matières est en train de prendre fin.
Désormais, miser sur les matières est plus incertain, et demande une analyse au cas par cas. A présent, l’analyse des matières est réservée aux professionnels de ce secteur.
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La fin de l’effet de surprise
En 2008, la Chine a pris de nombreux économistes par surprise, en faisant une arrivée massive sur les marchés des matières. Sortant d’une décennie de prix bas, les producteurs de matières étaient incapables de répondre à la demande.
En prime, la hausse des prix du pétrole, frôlant les 150 $, avait renforcé la hausse les coûts de production. Actuellement, le baril est encore en dessous des 100 $.
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Le besoin de restaurer l’image des banques
C’est peut être la principale cause du retrait des banques. Elles veulent se débarrasser de leur image de vil spéculateur. Empêtrées dans des affaires de spéculation contre la dette des Etats, comme en Grèce avec Goldman Sachs, ou les soupçons de collusions mafieuses comme avec HSBC, les banques ne peuvent pas assumer en prime le titre d’affameurs des pays pauvres.
Désormais, la question est de savoir si les investissements dans les matières premières alimentaires sont condamnables en soi.
Faut-il continuer de s’intéresser aux matières alimentaires ?
Je suis bien conscient que la question est délicate, surtout de la part du rédacteur de Matières à Profits (MAP pour les intimes), lettre d’investissement consacrée aux matières premières. C’est pourquoi j’ai voulu profiter des nouvelles craintes autour d’une crise alimentaire pour faire le point sur ma philosophie d’investissement dans les matières premières alimentaires.
Voici les deux principes qui me guident :
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La spéculation sur le cours des matières premières alimentaires est une activité nocive. Elle rend les prix plus volatils et fragilise ainsi les politiques alimentaires des pays les plus pauvres.
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L’investissement sur les producteurs de matières premières est nécessaire pour accroître la production et répondre à la demande.
L’important est d’investir pour répondre à un besoin alimentaire. Dans Matières à Profits nous ne recommandons pas d’investir sur les matières alimentaires, mais uniquement sur leurs producteurs.
Mon conseil
La France a la chance de posséder une agriculture performante, et d’être relativement épargnée par les catastrophes naturelles qui ont touché les Etats-Unis ou l’Australie ces dernières années. Le marché français vous offre ainsi en permanence de belles opportunités d’investissements, tant dans les producteurs agricoles que les transformateurs (semences par exemple).



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