La potasse assurera la survie de l’humanité

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leadimg

L’humanité a déjà vécu sans pétrole ni téléphone portable, mais jamais sans nourriture.

Or cette année, les hommes ont eu du mal à répondre à leurs besoins. Une météo particulièrement lunatique est venue perturber un secteur déjà structurellement sous pression.

Résultat : les valeurs de l’industrie de l’agroalimentaire sont parties en flèche. Et en particulier, les valeurs liées aux engrais.

Un déficit abyssal de l’offre alimentaire
Pour répondre aux besoins alimentaires, le monde a besoin d’une croissance de 5% de la production de céréales. Or historiquement, la production augmente de 2% par an en moyenne.

Et la situation n’est pas prête de s’améliorer. Pour la saison 2010/2011, la production mondiale de céréales devrait même reculer de 4%.

La raison est simple, 2010 aura été une année exceptionnelle… en terme de catastrophes :

  1. La météo a fait baisser les rendements agricoles en Chine et aux Etats-Unis.
  2. Le phénomène La Niña a asséché d’importantes zones de production en Argentine, ce qui a pénalisé les rendements de maïs et de soja.
  3. Les semis américains sont en retard, ce qui pourrait affecter la production du pays.
  4. Enfin, l’embargo russe sur les exportations de blé va continuer de peser sur l’offre de céréales en 2011.

+83% pour la consommation des émergents
Cette situation serait gérable s’il n’y avait pas en parallèle la montée en puissance des pays émergents.

Historiquement, la consommation en Chine, en Inde et en Amérique du Sud a progressé de 83% au cours des 20 dernières années.

La raison est simple, ces pays changent leur alimentation. Le riz et les céréales sont servis de plus ne plus avec de la viande. Ainsi, la demande de boeuf, de porc et de volaille devrait augmenter de 2,4% en 2011, entraînant l’augmentation des besoins en céréales.

Les engrais vont donc devenir de plus en plus essentiels. La Chine est déjà le premier consommateur de potasse au monde, avec 29% de la consommation mondiale.

Bientôt 10 milliards d’êtres humains. Combien de tonnes de potasse ?
Si les besoins alimentaires augmentent en qualité, ils vont augmenter également en quantité.

Notre planète accueille actuellement près de sept milliards de bouches à nourrir. D’ici 2050, la population mondiale devrait atteindre 10 milliards d’individus.

En parallèle, les surfaces de terres arables reculent et les fermes ferment.

Nous serons donc obligés mécaniquement d’améliorer le rendement de nos terres.

Les engrais, la solution essentielle
Les engrais vont être essentiels pour résoudre la quadrature du cercle : stagnation des rendements et hausse de la demande.

Plus particulièrement, la solution pour augmenter la productivité agricole se résume à trois éléments : azote, phosphore et potassium.

Le mélange de ces trois éléments permet d’augmenter les rendements agricoles de 60%, pour l’ensemble des produits cultivés.

La consommation de potasse proche du pic de production
La production de potasse est déjà partie en flèche. En 2010, les volumes de potasse transportés autour de la planète ont progressé de près de 80%, à 52 millions de tonnes.

L’année 2011 devrait suivre une dynamique similaire. Les besoins de potasse devraient atteindre 55 à 60 millions de tonnes cette année.

Or la capacité de production totale de potasse est estimée à 61 millions de tonnes. Il faut donc se préparer à la conséquence habituelle de ce genre de configuration : une augmentation des prix.

Des prix soutenus par la demande… et par les producteurs
Les prix de la potasse ont progressé de près de 50 dollars en 2010. Ils ont dépassé les 360 dollars la tonne.

Mais la robustesse des prix a aussi été assurée par le contrôle qu’exercent les principaux producteurs.

Les cinq plus grands producteurs représentent plus de 65% de la production mondiale. Cette domination leur permet d’adapter l’offre à la demande, et de maintenir ainsi les prix et les marges de la potasse.

La bataille des géants fait déjà rage
Cette configuration particulièrement attractive du marché a poussé les géants miniers à rentrer dans la bataille de la postasse.

On retrouve ainsi les géants miniers bien connus. BHP Billiton est impliqué sur ce secteur grâce à sa joint venture avec Anglo Potash Ltd. Il a également acquis Athabasca Potash début 2010.

Le brésilien Vale a de son côté racheté les gisements de Rio Tinto (au Canada dans la région de Regina) en 2009.

Première capitalisation canadienne : un producteur de potasse
Il faut bien reconnaître que produire de la potasse est particulièrement lucratif. La demande est virtuellement illimitée, et il n’existe aucun substitut viable.

Ce schéma est tellement positif que les pure player de la potasse sont désormais en tête des capitalisations mondiales.

C’est le cas de Potash Corporation of Saskatchewan. La société est la plus grande entreprise cotée à la Bourse de Toronto, le Toronto Stock Exchange (TSE), avec une capitalisation boursière à 67 milliards de dollars.

La chasse à la potasse a commencé
L’attractivité de la potasse donne actuellement des opportunités très intéressantes.

Surtout, si la potasse n’est pas rare, ses gisements sont très localisés.

Seulement une douzaine de pays en produisent. Mieux, seulement quatre grandes zones de dépôts existent :

  1. Le Saskatchewan, au Canada
  2. Manaus, dans l’Amazonie brésilienne
  3. Le bassin du fleuve Kana, en Russie
  4. Danakil, dans le nord-est de l’Ethiopie

Le producteur qui réussira à bien se positionner sur une de ces quatre zones touchera le gros lot. Pour en savoir plus, Marc Mayor s’est penché plus en avant sur ce secteur.

Vous pouvez retrouver son analyse dans La Lettre de Marc Mayor.

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Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d'Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits "'neutres au marché").Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire "Le Coin des Insiders"', qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L'Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l'énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).Il participe régulièrement au Billet du Trader et à l'Edito Matières Premières & Devises.

Marc Mayor met désormais toute son expertise financière, ses analyses et ses recommandations au service des investisseurs particuliers dans le cadre de sa nouvelle lettre d'information : La Lettre de Marc Mayor.

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