Pourquoi Greenpeace avait tort depuis le début !

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leadimg

Incroyable. Tout bonnement incroyable.

Depuis quelques semaines, j’en suis persuadé. Le climat a cessé d’évoluer. Le réchauffement climatique n’est plus qu’une vieille rengaine pour post-soixante-huitards désoeuvrés.

Vous savez pourquoi ?

Parce que plus personne n’en parle. J’en ai conclu que c’était réglé. Sur TF1, Nicolas Sarkozy nous annonçait la semaine dernière que des “islamistes” avaient été arrêtés ; sur France 2, François Hollande abordait la question des bourses étudiantes ; et sur France 3, Eva Joly… bon d’accord, je n’écoutais plus… mais je n’étais pas le seul manifestement.

Revenons à la réalité, cette absence est dramatique
Plus qu’un mal, cette disparition des thématiques environnementales de la campagne électorale est un symptôme. La crise économique a brutalement volé la vedette à ces problèmes environnementaux.

Pourtant le secteur du renouvelable reste plus que jamais un secteur d’avenir. C’est ici que je vois une grande opportunité pour notre portefeuille.

Cette sous-médiatisation doit nous permettre d’investir intelligemment, et surtout, à peu de frais !

Solaire, morne plaine
En Europe, le secteur de l’énergie solaire vient brutalement de plonger.

Une explication : Q-Cell. Le géant du solaire allemand Q-Cell a déposé le bilan le lundi 2 avril. Si cette faillite s’inscrit dans un mouvement de fond, Solar Millenium, Solon et Solarhybrid l’avaient précédé au bureau du Pôle emploi allemand, l’importance économique de Q-Cell a eu un impact structurel sur le secteur.

Le tracker sur le solaire “Market Vectors Solar Energy ETF” a ainsi perdu 11% depuis l’annonce de la faillite.

La crise du solaire s’étend à d’autres pays…
Aux Etats-Unis, nous avions souligné l’importance du ralentissement du secteur, et son impact sur la campagne électorale.

Après la faillite du géant Solyndra, qui avait pourtant bénéficié d’un prêt du département de l’Energie de plus de 500 millions de dollars, et les déboires de First Solar, les arguments des politiques ont largement évolué.

Désormais, Barack Obama prône un développement de toutes les énergies. Pétrole et gaz y compris donc.

… et à d’autres secteurs
Ce ralentissement du solaire semble également avoir jeté l’opprobre sur d’autres secteurs du renouvelable.

Cette semaine, les appels d’offres de l’Etat français dans l’éolien offshore ont été accueillis avec la plus grande méfiance. Ce matin même, un éditorialiste des Echos se demandait si “la France [a] raison de miser de nouvelles poignées de milliards d’euros sur le développement de l’éolien ?“.

Pourtant le secteur de l’énergie renouvelable n’est pas en déclin, mais en recomposition.

Le roi soleil est mort, vive le roi !
Les raisons de la tourmente du secteur solaire sont connues :

=> L’arrêt des subventions en Europe et aux Etats-Unis

Comme le confiait récemment le ministre de l’Industrie italien Corrado Passera à propos de la mise en place d’une économie zéro carbone, il faut être capable de la mettre en place “sans dépendre excessivement des ressources des contribuables“.

=> La concurrence chinoise

Certains producteurs chinois n’ont pas hésité à vendre à perte pour inonder les marchés.

Ainsi, ces deux raisons ont fait plonger le secteur, qui avaient été jusque-là abondement aidé. Pourtant il s’agit bien d’investissement de long terme.

L’avenir du renouvelable n’a jamais été véritablement remis en doute. Pour profiter à long terme des retombées industrielles de ce secteur, il est plus que nécessaire d’investir ces “milliards d’euros”.

Ce qui doit changer, ce sont les cibles de nos investissements.

Les Etats-Unis continuent d’investir…
Alors qu’un nouveau producteur solaire est à nouveau passé sous les fourches caudines du chapitre 11 du droit américain (synonyme de faillite), le gouvernement a décidé de continuer à soutenir financièrement ses producteurs. Le département à l’Energie devrait bientôt approuver un nouveau round de prêts au secteur du renouvelable.

C’est simple,  les Etats-Unis ont changé de stratégie : l’Etat américain renforcera son contrôle sur les prêts publics, et se focalisera désormais sur les points forts du pays.

Et à l’échec de Solyndra sera opposé le succès de projets de sociétés comme NRG Energy, qui a bénéficié d’un prêt proche du milliard de dollars. La société est en train de développer la plus grande installation solaire du monde, située en Arizona.

C’est donc une nouvelle dynamique qui est en train de prendre forme à Washington. Il est pratiquement sûr qu’elle finira par passer de l’autre côté de l’Atlantique. Les profits du secteur décolleront alors.

… car le “rebond de l’industrie solaire pourrait être violent
C’est ce qu’anticipe Olivier Ken, gérant du fonds Performance Environnement chez Financière de Champlain. Avec la baisse du prix du polysilicium et la sous-valorisation du secteur, les industriels du solaire s’attendent à un rebond prochain.

De manière plus large, Paolo Frankl, responsable de la division énergies renouvelables à l’Agence internationale de l’énergie, résume bien dans Le Monde du 3 avril ce à quoi nous assistons actuellement : “Dans tous les secteurs industriels, il y a toujours eu une phase de consolidation de l’industrie, qui signifie qu’elle devient plus mûre. C’est le cas actuellement pour le photovoltaïque“.

Mon conseil
Le recul du secteur du renouvelable n’est pas entièrement décorrélé des marchés globaux.

Actuellement, les doutes encore forts sur la robustesse de la croissance américaine, et la nouvelle montée des inquiétudes sur la dette européenne ne permettent aux investisseurs d’investir à long terme. Le renouvelable est donc pour l’instant dans l’angle mort des marchés.

C’est pour nous le moment idéal pour investir.

[NDLR : Matières à Profits surveille actuellement un des fleurons industriels français de l'énergie solaire. Avec la déprime passagère des cours, le titre est devenu particulièrement attractif. N'attendez pas pour en profiter – pour cela : inscrivez-vous sans plus attendre à Matières à Profits...]

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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