Pourquoi l’or va continuer de s’enflammer

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Le propos mérite donc qu’on s’y attarde…
Lundi 5 novembre, le Crédit Suisse publiait un avertissement selon lequel "la dynamique entourant l’offre et la demande d’or a commencé à tendre inexorablement vers une diminution de l’offreet un accroissement de la demande d’investissementqui aura en final un impact sur le prix de l’or", écrit l’analyste David Davis.

Les analystes, conscients du pouvoir des mots qu’ils choisissent, ont pour habitude de bien les peser. Le propos mérite donc qu’on s’y attarde.

L’or "facile" a déjà été trouvé
Inexorablement : la tendance décrite est irréversible. Le mot est très fort pour les observateurs financiers prudents qui édulcorent souvent leurs pronostics de verbes au conditionnel.

Diminution de l’offre : le rapport décrit un phénomène qui vous est déjà familier puisque mon confrère Thomas Chaize et ma consoeur Isabelle Mouilleseaux l’ont plusieurs fois décrit.

L’or "facile" a déjà été trouvé. Pour extraire du nouvel or, la situation est la même que pour le pétrole : il faut aller plus loin,plus profond, dépenser plus d’énergie, utiliser plus de main d’oeuvre. Le nouvel or coûte plus cher que l’ancien, qui pouvait se trouver avec une simple bêche. C’est pour cela que les grosses minières peinent tant à augmenter leur production.

Accroissement de la demande d’investissement : il s’agit de l’or sous forme de pièces, lingots et barres. Bien sûr, ce n’est pas la demande des banques centrales qui augmente puisque celles-ci vendent ! Elles vendent d’ailleurs de moins en moins, mais elles vendent toujours, à part les BRICs (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui doivent se créer des réserves.

Les bullions : la Banque Centrale du Peuple…
La semaine dernière, en revanche, deux banques centrales européennes ont mis sur le marché 10,6 tonnes.

Du côté des demandeurs, on trouve des investisseurs institutionnels et privés, des vendeurs de pétrole et matières premières, certaines populations. Ainsi, l’or reste l’investissement préféré des Indiens : 1 250 tonnes d’importation sont prévues pour 2008, une augmentation de 250 tonnes par rapport à 2007.

Près d’un tiers de ce volume se transforme en or d’investissement. Ainsi les bullions cumulent-ils maintenant près de 781 tonnes d’or. Cette réserve privée est désormais supérieure à celle de la Banque centrale du Japon. Et seulement six banques centrales possèdent plus de réserves que l’ensemble des bullions.

Les bullions sont un phénomène nouveau, qui a largement contribué à la démocratisation de la possession d’or. Depuis le début de l’année, 150 tonnes supplémentaires sont rentrées dans leurs coffres.

Ils constituent la Banque Centrale du Peuple qui n’entend pas se faire confisquer son épargne par l’inflation.
Impact sur les prix : on reconnaît ici le langage habituel d’un analyste. Traduisez évidemment impact par hausse.

Enfin un analyste qui dit « tout haut » ce que les autres pensent « tout bas »

Tout cela, cher lecteur, n’a rien de nouveau pour vous. Ce qui est nouveau c’est qu’un analyste le dise et considère cette tendance comme inéluctable. Et lorsqu’il le dit, la hausse de l’or s’accélère.

En d’autres temps, je vous aurais conseillé de prendre partiellement des bénéfices et de vous replacer après la prochaine consolidation de parcours.

Mais il semble que les temps changent. La hausse s’accélère. J’incite donc ceux qui n’ont pas (encore) d’or à en acquérir. Qu’ils conservent en tête que l’objectif final est à 1 800 $ et que d’ici un an, ils auront oublié si leur première acquisition s’est faite à 820 ou 850 $. Et j’incite ceux qui en ont déjà à le conserver. Il sera toujours temps de renforcer la position par la suite…

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Simone Wapler

Rédactrice en Chef de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler
Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l'ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu'elle met au service des abonnés de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

Elle aborde les marchés avec l'oeil du professionnel, de l'ingénieur, de l'industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d'avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles -- un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l'offre et de la demande.

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