Mercredi dernier, nous avons exploré la phase industrielle de la révolution verte avec le développement des batteries Start & Go.
Aujourd’hui, remontons aux sources de la révolution verte : le lithium.
Ce métal, le plus léger des métaux dans la classification de Mendeleïev, est l’élément essentiel pour stocker de l’électricité dans une batterie. Or le stockage de l’électricité, c’est la clef de voûte de révolution écologique et industrielle que nous attendons tous. Avec une batterie au lithium, vous pouvez écouter Bach dans le métro sur votre baladeur, stocker l’électricité de votre installation photovoltaïque, et rouler en voiture électrique. L’industrie high-tech qui brille à la Silicon Valley et sur le marché du Nasdaq en est complètement dépendante.
Or la production de lithium tarde à répondre à la demande toujours croissante en appareils nomades ou écologiques. Au Chili ou en Bolivie, les nouvelles mines tardent à sortir de terres pour des raisons d’infrastructures et de politique.
Ainsi les cours du lithium ne cessent d’augmenter. D’ici 2020, les professionnels du secteur s’attendent à une explosion des prix.
Attention, profits en vue !
Quand la Silicon Valley perturbe le London Metal Exchange
Je vous le confiais dans l’Edito de mercredi dernier, c’est l’essor des voitures hybrides dans les années 1990 qui a commencé à souligner l’importance lithium. Puis l’émergence des voitures 100% électriques dans les années 2010 a renforcé la demande.
Pour sécuriser leur approvisionnement, tous les grands constructeurs se sont rués en Amérique du Sud, le premier producteur au monde. Alors les prix ont commencé à décoller. Ils ont été multipliés par trois depuis 2000, pour constituer un marché pesant un milliard de dollars.
Et la hausse n’est pas prête de s’arrêter, puisque le lithium est destiné à être de plus en plus présent dans notre quotidien.
Le développement de l’électronique portable est en train de s’ajouter à la demande pour les batteries. Un produit est en particulier en train de lancer les sociétés du Nasdaq sur les traces sinueuses des producteurs de lithium d’Amérique du Sud, les tablettes.
La révolution de l’iPad…
L’iPad, cet objet dont tout le monde se demandait à quoi il servait et que tout le monde s’arrache finalement, a eu un impact majeur.
Car les ventes ont décollé dans des proportions qui n’avaient pas été anticipées. Selon Framingham, Massachusetts-based IDC, le nombre d’appareils vendus devrait atteindre cette année 107,4 millions d’unités… c’est 1,3 million d’appareils en plus que prévu !
Or un iPad contient déjà 20 grammes de lithium, et cette quantité devrait augmenter progressivement. Car si Apple veut appuyer sur l’argument de l’autonomie de ses appareils, pas d’alternative. Il devra augmenter la part du lithium.
… va faire doubler le marché du lithium…
Ensuite, de nouveaux modèles sont en train d’être développés par ses concurrents. Microsoft devrait bientôt lancer sa “Surface”. Cette tablette pour les professionnels aura pour mission de concurrencer l’iPad.
Ainsi selon l’analyste Dahlman Rose & Co., le marché du lithium devrait encore doubler d’ici 2020. Celui-ci pèsera alors deux milliards !
Toutefois à long terme, ce n’est pas notre besoin irrépressible de consulter des recettes de cuisines dans notre lit qui fera décoller la demande en lithium, mais l’essor de la voiture électrique.
… en attendant la voiture électrique
Comme je vous l’assurais mercredi dernier, investir sur les voitures électriques est un pari de long terme. Par contre, le jeu pourrait en valoir la chandelle. Simone Wapler a d’ailleurs décidé de sauter le pas dans l’Investisseur Or & Matières. Le portefeuille de l’IOM a accueilli en mars dernier une des valeurs les plus performantes dans l’exploitation du lithium.
Car comme l’explique le directeur du producteur de lithium Rockwood Seifollah Ghasemi, le marché va “franchir une nouvelle étape” à partir de 2016 ou 2017 grâce à la voiture électrique. Le passage d’une industrie de niche à une industrie de masse va effectivement propulser les cours vers des sommets.
Les poids lourds de la finance sortent le chéquier
C’est pourquoi les quelques minières du lithium sont en train d’être aussi recherchées actuellement qu’une obligation allemande. Les poids lourds de la finance ont commencé notamment à s’y intéresser. C’est le cas du fonds Blackrock. L’investisseur à la tête du fonds minière a déclaré cette année qu’”il existe actuellement des compagnies sur lesquelles nous considérons d’investir pour être exposé au lithium”.
Et le timing est bon. Les prix viennent juste d’amorcer une nouvelle phase haussière.
Le 14 mai dernier, Rockwood a augmenté le prix de sa tonne de 1 000 $. C’est une hausse de 22% ! De même, un important producteur, Talison, a procédé à une hausse de 15% sur le début de l’année, et a annoncé une deuxième hausse sur la deuxième moitié de l’année.
Mon conseil
L’Argentine, le Chili et la Bolivie sont le grenier à lithium du monde. Pourtant les risques que fait actuellement peser le développement du nationalisme économique sur les minières me fait me tenir à distance de ces marchés.
Pour profiter de la hausse du lithium, vous pouvez préférer des producteurs installés dans des pays plus sûrs. Ainsi Talison, cotée à Toronto, produit du lithium en Australie. C’est peut-être un bon moyen de profiter de l’émergence d’une société “nomade”.
[NDLR : Et comme toujours, retrouvez les meilleures opportunités sur les matières premières dans la lettre d'investissement de Florent Detroy, Matières à Profits : découvrez les opportunités dont vous pourriez profiter dès à présent...]
Bon investissement.



Laissez un commentaire