Petite piqûre de rappel
Ce mercredi, la Banque d’Angleterre publiera les minutes de sa dernière réunion monétaire où elle a laissé son principal taux de refinancement inchangé. Il n’y a rien à attendre de ce compte-rendu puisqu’aucune décision n’a été prise. Le vrai rendez-vous important est fixé au 4 février, et en attendant je vous propose un petit rappel des faits.
En mars 2009, la banque avait décidé de ramener son taux directeur à 0,5% et de mettre en place une enveloppe de 75 milliards de livres pour sa politique de quantitative easing, enveloppe qu’elle rallongea de 50 milliards deux mois plus tard.
Depuis, l’économie anglaise a tenté de trouver de l’air dans cet apport artificiel d’oxygène mais la convalescence s’éternise. Aussi, pour passer un été "sans souci", le niveau autorisé de ces rachats a été revu à la hausse, à 175 milliards de livres.
Acharnement thérapeutique
En novembre dernier, alors que le malade agonisait, tant il était affecté par une récession persistante, un secteur financier dévasté et une consommation éteinte, les praticiens de la Banque d’Angleterre ont décidé de renouveler l’injection pour passer Noël tranquille, alors que près de 160 milliards étaient déjà dépensés (voir graphique ci-dessous).

Ainsi la ligne de crédit réservée à l’achat d’actifs s’élève à 200 milliards dont… 194 milliards ont déjà été dépensés à la date du 15 janvier.
Et comme prévu, la question d’une nouvelle injection est posée pour la prochaine réunion monétaire.
Le malade est en manque…
Alors que l’on évoquait les stratégies de sortie de crise, les plans de désendettements des Etats, il semble qu’une nouvelle fois les économistes et les prévisionnistes aient été un peu trop vite en besogne.
En effet, je pense que l’on ne se pose pas la bonne question en ce début d’année 2010.
Et si, je l’accorde, la gestion de sortie de crise sera délicate et doit être anticipée, il me semble que la question principale est plutôt :
"Comment ne pas rester en crise en 2010 ?"
Le Royaume-Uni lui-même, s’il montre quelques légers signes de reprise, risque fort de céder à la tentation d’une nouvelle enveloppe de relance. Enveloppe qui viendra une nouvelle fois maintenir artificiellement en vie une économie qui doit s’effondrer pour mieux renaître sur de bonnes bases. Au lieu de cela, elle alourdit un peu plus encore le fardeau des générations futures — comme nous en France d’ailleurs — sans fournir de voies efficaces de changement.
La livre résiste… mais
Et comme de nombreuses paires sur le Forex en ce moment, la situation n’est pas très claire pour la devise anglaise.

Evolution de la paire GBP/USD
Les moyennes mobiles à 100 (en rouge) et à 200 jours (en bleu) se sont croisées récemment, signalant en théorie la fin au moins provisoire de la pression baissière.
Cependant, leur proximité nous indique une probabilité de rechute et illustre parfaitement l’absence de tendance entre le dollar et la livre sterling.
Tout comme l’indicateur ADX d’ailleurs (en bas), qui représente la force de la tendance et qui navigue vers ses niveaux bas.
Absence de tendance claire
A plus court-terme, c’est le même constat et il faut donc plutôt rester à l’écart pour le moment à moins d’aimer la loterie.
On attendra donc le franchissement des 1,6410 $ pour s’assurer que la figure de retournement à court-terme en W se confirme. Dans ce cas, nous viserons 1,6590 dans un premier temps.
AKPC_IDS += "421,";


