Quel est le point commun entre…
1 – l’envolée du franc suisse
2 – la hausse du yen contre dollar
3 – les records enregistrés par l’or tant en dollar (1713$) en euro (1 195$) qu’en livre sterling
4 – la baisse à des niveaux historiquement bas du rendement des obligations d’Etat allemandes et américaines à 10 ans (2,30% et 2,47%)
5 – et l’envolée du VIX ?
Le grand retour de la peur et de l’aversion au risque bien sûr.

Evolution de l’euro contre franc suisse depuis avril

Evolution de l’or en dollar US depuis février
Les investisseurs vendent depuis 10 jours actions et commodities, pour se reporter sur ce qu’on a l’habitude de nommer “des valeurs refuge” ci-dessous.
Les cycliques plongent et les investisseurs se raccrochent aux “besoins primaires” : les actions liées à la santé, l’alimentation, les télécoms et l’immobilier.
Le CAC perd près de 20% depuis le 1er juillet, tout comme l’EuroStoxx 50 et de S&P 500 11,5%. La plupart des grands indices phares de la planète ont cassé des supports clés inquiétants et présentent des configurations à risque. Le tout dans des volumes significatifs.
Seul réconfort…
Entre avril et fin début juillet je n’ai eu de cesse de vous recommander la prudence et :
– de prendre vos bénéfices ;
– de dégager du cash pour racheter à bon compte le moment venu ;
– de renforcer vos positions sur l’or ;
– et de mettre en place des couvertures pour protéger les lignes encore ouvertes dans votre portefeuille.
Peut-être certains d’entre vous m’ont-ils suivie. Le cas échéant vos pertes ont normalement été neutralisées par les gains générés par vos couvertures.
C’est en avril aussi que j’ai pensé à la mise en place d’un rapport spécial “couverture”, lancé fin juin lorsque le CAC caracolait autour des 4 100 points. Ceux qui ont pris position sur ces valeurs sont aujourd’hui largement dans le vert.
Et maintenant ?
Toute la question est de savoir :
Si on est dans une consolidation ponctuelle qui sera rapidement effacée, à l’image de celle que nous avons vécue à la fin du printemps 2010.
Ou si nous avons à faire à un véritable retournement de tendance.
Difficile à dire pour l’instant…
1 – Je m’attends à court terme à un rebond technique que vous pourrez jouer si vous avez l’âme d’un trader.
Avec un PER autour de 9,5 et des rendements attendus autour de 4,5%, les valorisations de nos entreprises commencent à devenir intéressantes. Restez toutefois très prudent. La volatilité va rester forte et le risque reste entier.
2 – A moyen terme, il se pourrait qu’une fois repris un peu de hauteur, nous stagnions dans un range pendant quelques semaines, voire quelques mois. Pas de directionnel, des mouvements erratiques dans un canal plat. A l’image de ce que nous avons vécu ces derniers mois (CAC zigzaguant entre 3 800 et 4 100 points).
3 – A long terme, un nouveau décrochage ne me parait pas impossible. Car fondamentalement, je reste très inquiète quant à l’ampleur de nos dettes, notre incapacité à réduire très significativement nos dépenses, notre croissance moribonde qui entamera largement notre capacité à rembourser nos dettes dans un environnement où les taux d’intérêt risquent de surcroît de remonter. Je crains que nous ne soyons “pris en étau”. Tant les Etats-Unis que la zone euro, Italie, Espagne et France compris.
Autre signe très inquiétant : les banques rechignent à se prêter entre elles, le marché interbancaire se grippe.
Jusqu’ici nos entreprises s’en sortent bien, cherchant la croissance dans les émergents. Mais la machine économique se met à ralentir tant aux Etats-Unis qu’en Chine.
Le risque reste l’activation des dominos
Nous avons eu la Crise I avec les subprime. Cette crise générée par des financiers avides de pouvoir et d’argent a obligé les Etats à s’endetter massivement.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à la Crise II. La crise de la dette souveraine.
Dès qu’Etat est en difficulté, les banques et assurances de cet Etat (chargées d’obligations souveraines nationales) le deviennent à leur tour, tout comme son marché obligataire (dont les taux montent et la demande diminue). Les banques, compagnies d’assurance et fonds de pension étrangers possédant ces obligations sont à leur tour “en situation de risque” (ils doivent provisionner…).
Tout est lié, car tout le monde (banques, assurances, fonds, Etats…) détient des obligations de tout le monde. Tout est interconnecté et interdépendant. Il suffit qu’un des maillons de la chaine casse pour que l’ensemble de la chaîne soit mise à mal.
Pour ceux qui sont intéressés par l’or et les couvertures, l’Investisseur Or&Matières s’y consacre à 100% depuis le mois de mai. (NDLR : Pour en savoir plus, cliquez ici.)
En attendant, conservez votre or. Maintenez vos couvertures si vous les avez mis en oeuvre et achetez-en en cas de rebond significatif.
Un bon moyen de gagner de l’argent lentement mais sûrement en ce moment, tout en maitrisant parfaitement son risque, est d’investir dans les options car la volatilité est de retour.
Enfin, pour les plus réactifs et avertis, prendre quelques positions pour jouer le rebond peut être un pari intéressant mais risqué à ce stade.
Conservez vos valeurs santé, immobilier, agro-alimentaire et télécom en portefeuille si vous ne les avez pas déjà vendues.



Ah, très chère Isabelle, vous êtes enfin de retour… Quel bonheur de vous lire à nouveau. Vous êtes si apaisante ! Continuez votre excellent travail, celui de véritablement informer les “market participants”.
bonjour, vous préconisez l’achat d’or physique, peut on faire la même opération sur l’argent, vu le prix de l’once nettement plus interessant ?
L’argent est un métal extrêmement volatil comparé à l’or.
En outre, et contrairement à l’or, il dépend en grande partie de la demande industrielle et donc de la croissance économique.
S’il s’agit d’investir dans l’argent pour « jouer », faire des « allers retours » : c’est un support idéal.
Mais pour préserver la valeur la valeur de votre argent, mieux vaut opter pour le placement or.
Je m’attends à une consolidation. Attendez un repli si vous souhaitez vous placer. Et préférez toujours l’or physique. L’or papier n’est pas sain.
Trop de papier pour trop peu d’or physique sur les marchés…