Que faire de vos actions uranium ? Faut-il se repositionner ?

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Que faire de vos actions uranium ? Faut-il vendre ? Se repositionner ?

Le secteur de l’uranium a été balayé d’un trait de plume ces derniers jours. Les cours se sont effondrés.

Et maintenant ?

Je vous conseille de surveiller de près ce secteur. Les opportunités pourraient s’avérer uniques.

Prenons un peu de recul, analysons et voyons comment réagir.

Plongeon phénoménal
▪ En quelques jours, le cours de l’uranium a dévissé de 17,8%, de 73 $ la livre à 60 $ la livre.

▪ Le géant du secteur Cameco est passé de 45 $ à 29 $, soit une chute de 30%.

▪ Les petites minières juniors ont perdu de 30% à 50%, voire plus.

Un carnage…

La plupart des investisseurs ont vendu. Et ils ont bien fait
Car dans l’incertitude, mieux valait se protéger. En effet, si l’incident à la centrale de Fukushima avait tourné au drame, ils auraient perdu l’essentiel de leur mise.

Aujourd’hui, la centrale semble progressivement revenir “sous contrôle. Si bien que ceux qui ont encore leurs titres en portefeuille devraient les conserver. Nous sommes probablement au plus bas.

La question qui se pose aujourd’hui est donc : faudra-t-il se repositionner sur le secteur ?

Oui, probablement. Mais il n’y a pas urgence.

Voici pourquoi.

On ne peut s’en passer…
Pensez-vous vraiment qu’on puisse du jour au lendemain changer radicalement de mix énergétique ?

Prenons le cas de la France. 70% de notre électricité est d’origine nucléaire. Voilà pourquoi nous avons une énergie si peu coûteuse par rapport à nos voisins. C’est en outre un élément clé qui aide à maintenir un “semblant de compétitivité” pour nos entreprises…

Si un pays comme le Japon, qui a vécu Hiroshima et Nagasaki, a aujourd’hui 56 réacteurs sur son archipel, c’est qu’il sait qu’il n’a pas le choix. Il faut en passer par là pour assurer son développement.

La demande énergétique va croître fortement. Il faudra “faire face”
Les BRIC ne se poseront pas de questions… Contrairement aux Américains (beaucoup) et aux Européens (un peu).

Chine, Inde, Russie, Afrique du Sud… ils ont tous des programmes de développement du nucléaire civil très importants. Et ils n’y renonceront pas. Parce que la demande d’énergie explose et continuera de croître très fortement, et que le niveau de vie de leurs populations croît – ce qui ne fera qu’augmenter la demande.

La Chine doit multiplier par 10 sa capacité énergétique d’ici à 2010. Pour la porter à… 80 GW ! Ce qui suppose de construire 60 centrales nucléaires.

L’Inde construit avec Areva ses deux premières centrales et en aura construites 20 d’ici à 2020. 40 d’ici 2030.

Même chose en Russie et en Afrique du Sud — où la pénurie électrique et la vétusté des infrastructures sont un problème majeur.

Ne vous laissez pas berner par les récentes déclarations de Pékin
C’est juste pour faire bonne figure, profil bas, étant donné les circonstances. Mais ça ne tiendra pas. C’est uniquement de façade.

La Chine sécurise depuis des mois ses approvisionnements futurs en uranium, et elle ne s’arrêtera pas là. Je pense même que la situation actuelle est une aubaine pour Pékin ; qui va sortir son carnet de chèques pour rafler contrats et minières à bon compte.

Non. Les centrales ne s’arrêteront pas de tourner
Actuellement, il y a 435 centrales nucléaires dans le monde qui produisent 370 Gigawatts (GW). Elles font 15% de l’électricité mondiale et consomment 77 000 tonnes d’oxyde d’uranium (U3O8).

56 centrales sont en cours de construction.

On ne reviendra pas en arrière. La seule chose qui puisse arriver est probablement une fermeture des réacteurs les plus anciens, comme ceux de Fessenheim en France. Pour remise aux normes. Les nouveaux réacteurs étant infiniment plus sécurisés.

Il faudra donc continuer d’alimenter ces centrales en uranium. Et c’est pour cela que les minières uranium sont indispensables. Mais pas seulement… Et pas n’importe lesquelles… J’y viens un peu plus bas.

Le nucléaire reste la “moins pire” des solutions…
▪ La prise en otage de notre “peu de croissance”… ça vous tente vraiment ?
Le pétrole est soumis a une menace géopolitique de plus en plus aiguë ? Devons-nous vivre avec les délires d’un Khadafi ? Les caprices d’un Chavez ? Les soubresauts d’un Poutine ? Devons-nous attendre les remous en Algérie ? Le basculement de l’Arabie Saoudite et du Moyen-Orient (j’apprends à l’instant que l’armée fraternise avec les manifestants au Yémen… un pas de plus est ainsi franchi) ?

Et je ne parle pas du risque “prix” qui en découle. Nous en sommes déjà à 105 $ le baril… N’oubliez pas que toute hausse du prix de l’énergie se traduit directement par une baisse du taux de croissance (PIB) de nos économies.

▪ Vous êtes tenté par “un suicide collectif “à petit feu” ?
Le charbon… 300 kg de dioxine de carbone et 5 kg de dioxine de soufre rejetés toutes les secondes dans l’air pour une centrale de 1 000 MW. Et je ne parle pas des molécules carcinogènes (= cancers). C’est une solution. Mais elle est dramatique pour l’environnement et le réchauffement climatique à moyen long terme.

C’est un suicide collectif “à petit feu”. Ceux d’entre vous qui comprennent “l’effet de serre”, sa dynamique et ses risques savent de quoi je veux parler…

Pour l’instant, 80% de l’électricité australienne et chinoise vient du charbon. Et 50% pour l’électricité américaine de mémoire. Il est urgent de sortir de là.

▪ Vivre confort aujourd’hui… et “après moi le déluge !”
Le gaz naturel et pétrole non conventionnels ? Un non-sens… Ils sont extrêmement destructeurs pour l’environnement (sous-sols pollués + CO2 émis).

C’est aussi beaucoup d’énergie engloutie, pour produire un peu plus d’énergie que celle engloutie…

Graves “dégâts collatéraux”… pour assurer le 4×4, la piscine chauffante et la climatisation l’été…

▪ Le solaire et l’éolien ? Ah ! si seulement…
… il y avait du vent 24h sur 24 et un soleil radieux 365 jours par an.

Intermittence… étroitesse de l’énergie produite… Ca ne peut être que de l’énergie complémentaire. Malheureusement.

En revanche, la géothermie est beaucoup plus efficace. Mais tout le monde n’est pas assis sur une faille…. Seuls certains pays y auront accès. Le Japon… entre autres ! Là nous tenons une alternative partielle.

▪ L’énergie hydraulique… de loin la meilleure
Mais nous avons exploité la majorité des cours d’eau de la planète.

La capacité énergétique restante est limitée…
Soyons réalistes. Pragmatiques
Le nucléaire est une énergie abondante, peu cher, qui ne rejette rien dans l’atmosphère et qui assure l’indépendance énergétique dans un contexte énergétique à venir de plus en plus tendu.

Alors certes, il y a l’enfouissement des rejets radioactifs. Mais ça me semble un “mal gérable” si on s’en donne les moyens. Alors que les rejets du CO2, le réchauffement climatique et l’effet de serre ne le sont clairement pas. Tous comme les rejets toxiques du “non conventionnel” dans les sous-sols.

Fukushima a résisté à un tremblement de 9 sur l’échelle de Richter. On sait faire encore mieux.

Ce qui n’a pas été anticipé c’est une vague de 14 mètres de haut qui a coupé l’électricité et a donc empêché le refroidissement des réacteurs. C’est extrêmement malheureux. Mais c’est un problème qu’on doit pouvoir gérer. Tout est question de moyens.

Aujourd’hui, la sécurité est négociable… c’est insupportable
A votre avis, pourquoi l’EPR d’Areva, qui est l’un des réacteurs les plus sûrs au monde, se vend si difficilement ? Parce qu’il coûte plus cher que ses concurrents. Oui, la sécurité a un coût. Et manifestement, la sécurité est un “désavantage compétitif” quant au prix… Ce qui est intolérable.

J’espère que l’incident à Fukushima accouchera de mesures concrètes :

- mise en place dans chaque pays d’autorités de contrôle de la sécurité nucléaire indépendantes, autonomes et transparentes

- mise en place de standards de sécurité internationaux pour empêcher que la compétitivité des prix — au moment de l’achat des centrales nucléaires — ne se fasse au détriment de la sécurité. La sécurité n’est pas négociable

- mise en place d’une autorité de contrôle de la sûreté nucléaire internationale, qui validera en amont la sécurité de tout projet de centrale avant construction. En tenant compte de son environnement spécifique…

Mais revenons-en à nos valeurs uranium
▪ Après la panique, l’effroi, la récupération politique, les tergiversations… la grande majorité des pays en arriveront probablement à la conclusion suivante : les centrales nucléaires sont un mal nécessaire. A l’exception peut-être des Etats-Unis, qui ont pris le virage du gaz de schiste (shale gas) à 180 degrés.

▪ On en arrivera aussi à la conclusion que les nouvelles centrales devront être “au top” en matière de sécurité. Areva sera clairement avantagé du fait de sa technologie incomparable.

▪ On se souviendra que le marché de l’uranium est largement déficitaire : on produit actuellement 60 000 tonnes d’oxyde d’uranium alors qu’on en consomme 77 000 tonnes. Et pour “joindre les deux bouts” on tape allègrement dans les stocks d’ogives nucléaires recyclées (du fait de la fin de la guerre froide).

Mais ce “stock providentiel” est en train de s’assécher définitivement…

▪ On se souviendra aussi que d’ici à 2020, la consommation d’uranium devrait croître de 30%. Et que l’offre n’est pas là aujourd’hui. Parce que pendant 20 ans le secteur a connu une terrible “traversée du désert”.

▪ Et l’investisseur se dira alors… “tout de même, toutes ces petites juniors qui creusent après l’uranium…

… il serait sage que je m’y intéresse… Surtout au cours actuel”.

Voilà pourquoi je crois au rebond des valeurs uranium
Voilà pourquoi il faut les garder sur vos écrans-radars. Ne les enterrer pas.

Et pour finir, je vous recommande de regarder surtout les valeurs australiennes et canadiennes.

Allez faire un tour du côté du bassin canadien d’Athabasca, du Queensland et Northern Territory australien. Il y a là de belles pépites qu’on pourra acheter le moment venu.

Pour les investisseurs pointus, un nouvel eldorado de l’uranium émerge… encore inconnu : le sud-est péruvien : la région de Macusani. Il y aurait là 200 000 tonnes d’uranium de minerai à teneur élevée. Les gros comme Cameco et Rio Tinto y sont déjà. Mais aussi quelques petits pure players de grand intérêt — mais à risque élevé. La plupart sont cotés à Toronto.

Toujours sur vos écrans-radars :
- le géant Cameco (minière), plus sûr et moins spéculatif.

- ou encore notre Areva, verticalement intégré : de l’extraction de l’uranium (premier producteur mondial) à la production du combustible, en passant par la construction des réacteurs et le retraitement des déchets.

[NDLR : Pour être au coeur du rebond de l'uranium, suivez les recommandations de Simone Wapler, rédactrice en chef d'une lettre d'investissement consacrée aux minières les plus prometteuses. Simone a déjà réussi à décrocher des gains de plus de 100% sur des valeurs bien particulières du secteur de l'uranium et de l'or : pour en savoir plus...]

En attendant, pas de précipitation. J’y reviendrai certainement.

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.

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