Quel avenir pour les minières ?

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“Pourvu que ça dure”.
PriceWaterhouseCoopers (PwC) vient de publier son rapport annuel sur l’industrie minière. Ce rapport se fonde sur l’analyse financière de la comptabilité 2007 de quarante minières réparties dans le monde et sur des interviews de leurs dirigeants. Le rapport est intitulé “As good as it gets ?” avec un point d’interrogation. On pourrait traduire par “Pourvu que ça dure”.

Tous les signaux ne sont pas au vert
En pratique le décryptage du rapport de PwC montre que, malgré d’excellents chiffres, il y les signaux “orange” se multiplient :
- volatilité des prix des matières premières ;
- marché actions en dents de scie ;
- coûts de production à la hausse ;
- risques politiques accrus ;
- concurrence d’entreprises situées dans les pays émergents ;
- pressions sur la main d’oeuvre, l’énergie, l’infrastructure et les équipements nécessaires à l’industrie.

Les patrons de minières sont confiants pour l’avenir
Les dirigeants interrogés par PwC estiment que le meilleur reste à venir, que les défis auxquels ils sont confrontés étaient certes bien réels, mais que les marchés n’avaient pas encore pleinement intégré ce qui se passait en Chine et en Inde. Selon eux, les estimations de prix des matières premières étaient en deçà de la réalité.

Bref, les patrons des minières montrent une belle confiance dans l’avenir. “Les leaders de l’industrie envisagent une politique de dividendes progressifs, et quand ils augmentent les dividendes, il y a tout lieu de s’attendre à ce qu’ils soient maintenus et aient une marge de progression”, explique le rapport.

La production est en hausse
Les volumes de production (sauf pour le platine) ont augmenté et les marges ont suivi. On notera avec intérêt que le minerai de fer et le charbon sont deux matières premières qui ne font pas l’objet de contrat à terme. Je souligne cet aspect car la hausse des cours de ces deux denrées non cotées est un argument fort pour éliminer l’hypothèse d’une “bulle” matières premières, la spéculation étant ici impossible. Je reviendrai plus tard sur cet aspect.

Production des 40 plus grosses minières en 2007
Unités Quantité Evol. en % depuis 2006
Zinc Millions de tonnes 4 11
Or Millions d’onces 40 9
Nickel Millions de tonnes 1 8
Minerai de fer Millions de tonnes 664 7
Charbon Millions de tonnes 1 162 6
Cuivre Millions de tonnes 10 4
Platine Millions d’onces 5 -9

Le cuivre, notre indicateur avancé d’activité économique mondial, arrive dernier mais reste en croissance significative.

Mais les marges ont souffert
Mais, si les chiffres d’affaires ont suivi la croissance de la production, il n’en va pas de même pour les marges qui se sont effritées.

Marges des 40 plus grosses minières
2006 2007
Marge bénéficiaire nette 28 26
Marge opérationnelle 46 44
Rendement des capitaux propres 33 29
Rentabilité économique 23 22

Source : PriceWaterhouseCoopers

Cette étude est la quatrième menée par PwC. Pour la première fois cette année, les minières n’ont pas pu autofinancer leurs frais d’investissement en exploration, développement et acquisition. Les liquidités dégagées ont été insuffisantes. Cette érosion des marges n’est donc pas sans conséquences.

L’explosion de l’activité minière n’est pas prête de s’arrêter
Les coûts de production sont rigides et varient peu (sauf à la hausse) dans le temps. En revanche le prix des matières premières est volatile. Les minières doivent donc adapter leur gestion et envisager de partager certaines infrastructures (broyeurs et fours) dès que c’est possible.

La pression de la demande a créé des villes-champignons dans des bassins miniers comme à Perth (Australie), Sudbury (Canada, Ontario) ou Antofagasta (Chili). Dans l’Australie de l’ouest, par exemple, d’ici dix ans, 400 000 personnes vont grossir une population de seulement deux millions de personnes.

Il y a encore du potentiel
La capitalisation des 40 minières a augmenté de 54% durant 2007, mais sur vingt ans (une paille dans ce secteur) les indices miniers ont encore du retard à rattraper par rapport aux indices généralistes.

Les dirigeants des grosses minières estiment que la valorisa
tion par le marché de leur entreprise ne prend pas en compte l’avenir radieux qui s’ouvre toujours devant elles. PwC se montre plus circonspect et pense que nous entrons dans une période de turbulences.

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Simone Wapler

Rédactrice en Chef de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler
Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l'ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu'elle met au service des abonnés de L'Investisseur Or et Matières et de La Stratégie de Simone Wapler.

Elle aborde les marchés avec l'oeil du professionnel, de l'ingénieur, de l'industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d'avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles -- un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l'offre et de la demande.

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