Le mois d’octobre va-t-il marquer le début d’une nouvelle dynamique dans le secteur des matières premières ?
Autant être franc et direct : non !
Le mois d’octobre commence comme s’est achevé le mois de septembre, par un enfoncement encore un plus profond des marchés des matières, des métaux précieux aux marchés énergétiques.
Pire, les marchés ont accueilli ce matin un nouveau secteur désormais installé dans le rouge vif, les matières agricoles.
Sans direction, les marchés des matières naviguent donc à vue, largement installés dans une perspective baissière. Et le sursaut se fait attendre.
Combien de temps dériverons-nous encore ?
Une Europe qui fige le monde
Les matières dégringolent à mesure que le paquebot européen se dirige lentement mais sûrement sur l’iceberg de la dette. Malheureusement, personne ne s’est encore précipité pour donner un grand coup de barre à gauche ou à droite pour inverser la direction.
Jeudi dernier, un premier écueil a été évité, avec le vote du Bundestag en faveur du FESF. Une première bataille remportée. Pourtant l’Europe est tombée de Charybde en Scylla, évitant l’écueil allemand pour mieux patienter devant la décision slovaque.
Personnellement, je n’arrive pas à savoir lequel des deux est le plus effrayant : le risque de faillite bancaire, ou dépendre de la Slovaquie pour sauver l’euro ?
Le FESF reste le symbole de l’immobilisme européen, et sa mise en place n’en finit pas de figer les investissements…
La BCE s’attend au pire
Cependant, le feuilleton du FESF a été relégué en deuxième page des journaux ce matin, devant l’imminence de l’intervention de la BCE. Seule capable de donner le coup de barre nécessaire, la BCE pourrait abaisser ses taux directeurs à trois mois, vers les 1%.
Ne cherchez rien de positif pourtant.
Quand on connaît la fermeté de la BCE quant à la maîtrise de l’inflation, un tel geste signifie que l’heure est grave.
Vous l’aurez donc compris, ce n’est pas d’Europe que les bonnes nouvelles viendront.
Les métaux n’en finissent plus de plonger
L’immobilisme américain continue également d’accentuer la défiance envers les marchés. Signe du déclin, le revenu moyen des ménages américains a reculé en septembre pour la première fois depuis 2009.
Quelles conséquences pour nos matières ?
Alors que le pétrole avait plutôt bien résisté jusque-là, ses cours cèdent petit à petit du terrain devant les craintes grandissantes d’un ralentissement mondial. Le WTI pourrait définitivement passer en dessous des 80 $. Plus préoccupant, le Brent s’approche des 100 $.
Ces sombres perspectives ont également empêché les métaux de se relever de leur krach du 20 septembre. Après un léger rebond en début de semaine, les marchés se sont à nouveau affaissés, pour retourner vers une phase d’atonie.
Signe du pessimisme ambiant, les grèves dans les mines de cuivre au Pérou et en Indonésie n’ont pas empêché le cuivre de perdre plus de 1% sur la semaine. De même, l’étain est reparti à la baisse en fin de semaine, après avoir gagné près de 10% suite aux grèves en Indonésie.
Barclays Capital a conclu cette semaine en abaissant ses prévisions de cours sur les métaux de bases, justifiant sa décision par “la perspective d’une demande (mondiale) plus faible”.
Les matières agricoles en excédent
Les matières agricoles étaient jusqu’à il y a peu une opportunité éventuelle pour éviter de subir frontalement la chute des marchés actions.
Désormais, ce n’est plus le cas. Il aura suffit d’une seule publication vendredi. En l’occurrence, l’Etat des stocks de maïs et de la production de blé par l’USDA.
A 28,66 millions de tonnes de maïs, les stocks sont bien plus hauts que prévu. Entraînant dans sa chute le soja, le secteur des céréales a fini d’être plombé par une demande en berne.
A leur côté, café et cacao s’enfoncent également un peu plus devant les bonnes perspectives de production.
Les métaux précieux déclinent
Mêmes causes, mêmes effets. L’or a encore perdu près de 2%, pour tomber à 1 624 $. La poursuite de la dégradation de l’environnement économique continue à inciter les investisseurs à vendre ce qui a encore de la valeur.
Le relèvement des appels de marge de 21% exigé par le CME, l’opérateur du marché new-yorkais des métaux précieux, a également contribué à pousser dehors des spéculateurs.
L’argent ne s’est toujours pas remis du coup de tonnerre qui lui a fait perdre près d’un quart de sa valeur en deux semaines. Rentrer sur ce marché pourrait être une bonne idée pour les amateurs de sensations fortes.
Les platinoïdes sont également en baisse, alors que l’activité industrielle cherche désespérément des signes encourageants.
A-t-on encore des raisons d’espérer ?
Rien ne pourra enrayer la lente chute des marchés des matières avant que la crise européenne ne trouve une issue. Favorable ou défavorable d’ailleurs.
Mais nous aurions tort de peindre un tableau trop sombre.
La santé de l’économie chinoise reste un motif d’optimisme.
La baisse de l’indice PMI annoncée par HSBC a traduit la baisse de l’activité dans deux secteurs stratégiques pour les métaux, le bâtiment et l’automobile. Notamment, une baisse des achats de terrains en juin et juillet, alors qu’en 2010, ils progressaient à un rythme annuel de 30%. De même, le nombre d’immatriculations devrait augmenter de 5% en 2011, contre une hausse de 30% en 2010.
Reste que la Chine a toujours faim de métaux.
Le Chinois Minmetals Resources vient de lancer une OPA amicale de 950 millions de dollars sur Anvil Mining pour accroître ses ressources en cuivre en Afrique.
Plus fondamentalement, les analystes anticipent un maintien de la croissance chinoise, au moins jusqu’en 2012. Pour J.P. Morgan, la demande asiatique “demeure assez forte pour soutenir la tonalité globale des marché des métaux jusqu’en 2012″. Et Fitch rappelle que la hausse du dollar explique en grande partie la chute des métaux.
Un retour sur les métaux pourrait être une bonne idée lorsque ceux-ci se seront stabilisés. D’ici là, nous en saurons peut-être plus sur la puissance du moteur chinois.
Ci-dessous, le tableau du cours des matières matières premières qui décrochent violemment.
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 23/09/2011 |
Vendredi 30/09/2011 |
Variation hebdomadaire |
| Aluminium* | 2 205 | 2 242 | 1,68% |
| Cuivre* | 7 260 | 7 155 | -1,45% |
| Plomb* | 2 022 | 2 036 | 0,69% |
| Nickel* | 18 000 | 18 290 | 1,61% |
| Etain | 19 000 | 20 850 | 9,74% |
| Zinc* | 1 955 | 1 924 | -1,59% |
| Acier (Méditerranéen) | 555 | 555 | 0,00% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
79,48 | 78,24 | -1,56% |
| Or (spot Comex) | 1 657,00 | 1 624,00 | -1,99% |
| Argent spot Comex) | 30,93 | 29,97 | -3,10% |
| Platine (spot Comex) | 1 608,00 | 1 523,00 | -5,29% |
| Palladium (spot Comex) | 634,00 | 611,00 | -3,63% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
6,43 | 6,03 | -9,64% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
6,44 | 5,81 | -9,78% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
12,5 | 11,69 | -6,48% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois



Analyse Café : http://www.babylon-trading.com/2-analysis/1-coffee-c-elliott-wave-analysis-061011.html