Offre à la peine, stock en baisse, hausse de la demande… tous les ingrédients sont réunis pour mettre le cours du soja sous pression.
Or les oléagineux (soja en tête) sont au coeur du marché des matières premières. Ils ont un impact structurel sur l’agro-industrie dans son ensemble. Or depuis 6 mois, leurs cours s’envolent :
+36%, +56% et +45% !
C’est ce qu’ont gagné respectivement le boisseau de soja, le colza et l’huile de palme… en 6 mois.
Vous sentez la spirale haussière ?
Parce qu’il s’agit bien d’une spirale, chacun alimentant la croissance de l’autre.
Je vous propose de rentrer dans l’oeil du cyclone haussier pour vous placer efficacement sur ce secteur.
Commençons aujourd’hui avec le soja.
Boisseau, huile, tourteau… le soja s’envole sous toutes ses formes !
A côté du boisseau qui a gagné 36% en six mois, l’huile de soja a pris 56% et le tourteau 20% sur cette période !

Pourquoi une telle envolée ?
Les difficultés des trois premiers producteurs mondiaux expliquent partiellement cette hausse des cours.
L’offre est à la peine, les récoltes des principaux producteurs souffrent
1. La récolte du premier producteur mondial est en repli
Les Etats-Unis jouent un rôle central sur le marché du soja. Deuxième richesse agricole du pays, les Etats-Unis sont le premier producteur de soja au monde. C’est vous dire le rôle pilier du pays sur le marché du soja.
Or les récoltes sont bien moins bonnes que prévu. L’USDA a annoncé en novembre une baisse de plus d’un million de tonnes de la production, revoyant à la baisse ses anticipations. La faiblesse des rendements a fait chuter la récolte attendue, passant de 92,76 Mt à 91,85 millions de tonnes.
2. Les stocks américains fondent comme neige au soleil
La pression sur les prix s’est également accentuée après la publication des stocks américains.
Etant donné la vigueur incroyable des exportations de soja, notamment à destination de la Chine, le ministère de l’Agriculture américain a encore une fois déçu les marchés, en revoyant à nouveau le niveau de ses stocks déjà particulièrement bas, à la baisse.
Les stocks de fin de saison devraient atteindre les 5 Mt, contre plus de 7 Mt en octobre et plus de 9 Mt prévus en septembre.
Mais les Etats-Unis ne sont pas les seuls à connaître des difficultés.
3. La sécheresse ravage les plantations des deux autres plus grands producteurs de soja
Pour la deuxième année consécutive, la sécheresse a à nouveau frappé l’Argentine et le Brésil. Ils sont respectivement deuxième et troisième producteur de soja au monde.
L’Argentine en particulier avait déjà été touchée par des sécheresses historiques l’année dernière. Elle a déjà prévenu que sa production pourrait être en baisse de 4 millions de tonnes.
Offre en berne, stocks en baisse…alors même que la demande est en forte croissance.
L’étau se resserre sur les cours du soja…
Côté demande : les émergents sont aux commandes
1. Les classes moyennes émergentes tirent les cours vers le haut
Raison principale : elles deviennent carnassières !
En 2009, pour la première fois depuis 1993, les besoins en viande dans le monde avaient baissé. Un accident de parcours dans un grand trend haussier de fond.
Dès 2010, la demande a retrouvé ses niveaux d’avant la crise.
Or le mélange tourteau de soja-maïs est ultra-dominant dans l’alimentation animale ! Donc plus nous mangeons de viande, plus le cours du soja est soutenu.
2. La Chine continue sa razzia sur le soja mondial
Premier émergent du monde, la Chine.
Sa production de soja est largement insuffisante pour satisfaire sa demande. Comme pour le pétrole ou les minerais, Pékin est donc parti à l’assaut des marchés internationaux.
Cette année, 43 des 46 millions de tonnes que la Chine a consommés, provenaient de l’importation.
Les achats devraient encore progresser sur la récolte 2010/2011.
L’USDA a calculé que les importations chinoises atteindront 49 millions de tonnes des graines de soja, soit 57% du commerce mondial de soja !
Quelles perspectives ?
La poursuite du mouvement haussier dans le soja est probable.
D’une part, la part des terres allouées au soja sera moindre en 2011 aux Etats-Unis, car le soja est concurrencé par la forte remontée des prix du maïs.
Il faut rappeler que les deux productions sont en concurrence à la même période pour les mêmes terres.
Après deux années de préférence au soja, 2011 verra le maïs revenir en force.
Mais surtout, la hausse de demande chinoise va se poursuivre. Pour l’instant, la Chine s’est révélée incapable d’encadrer ses prix alimentaires, et de réduire sa dépendance aux importations.
Investir dans le soja ou dans les compagnies ?
Il est assez facile de trouver un tracker sur les matières premières, où les oléagineux sont invariablement impliqués.
Pour profiter de la hausse, je vous conseillerais aussi de regarder les multinationales agro-alimentaires américaines, comme Deere&Co et Caterpillar. Elles sont particulièrement bien exposées à l’international et à la hausse des cours des oléagineux.
[NDLR : Le soja est également dans le portefeuille Matières à Profits de Sylvain Mathon qui le suit de près. Avec 15% de prises de bénéfices partielles déjà réalisées, le cours du soja affiche déjà +21% depuis l'achat de notre certificat soja en septembre dernier. Pour en savoir plus sur les opportunités de Matières à Profits, cliquez ici]


