Après l’incroyable feu d’artifice boursier 100% spéculatif des derniers jours, retour à la case départ.
“Chassez le naturel et il revient au galop”… Paris s’écroule de 2,72% et ce matin, au moment où je vous écris, le CAC se drape de rouge sang : -2,36%.
Les bears se déchaînent et reprennent les commandes du bolide.
Depuis des mois, j’observe les marchés et j’arrive à une seule et unique conclusion :
- les hausses sont spéculatives : on “joue une news” qui tombe, un chiffre, une annonce… et on pousse le mouvement haussier au maximum pour en tirer profit.
- en revanche, les baisses sont fondamentales. Un éclair de lucidité des marchés qui prennent soudain conscience de la réalité économique et financière dans laquelle le monde vit.
Black Big Picture
Quelle est cette réalité ?
- Des économies occidentales qui commencent et continueront de ralentir ;
- Un essoufflement du moteur chinois avec en prime des risques immobilier et bancaire qui sont littéralement des bombes en puissance ;
- Des pays européens et les Etats-Unis criblés de dettes et qui n’auront pas les moyens de rembourser, faute de croissance suffisante ;
- Une zone euro au bord de l’implosion avec des pays ” en défaut”. Appelons un chat, un chat. Et au diable qu’il soit partiel, sélectif ou total. A quoi bon jouer sur les mots.
Les marchés ne sont pas dupes. Et même l’Eurogroupe comment à se faire à l’idée.
Excessifs certes, mais utiles
Les marchés sont excessifs. Mais ils ont parfois du bon. Ils rappellent aux politiques leurs devoirs et leurs responsabilités.
Tant que les politiques tergiverseront, nous baladeront, refuseront d’agir efficacement, les marchés appuieront là où ça fait mal.
Que veulent-ils ? Les marchés ?
Que les politiques ouvrent les yeux !
L’équation est simple : dépenses – recettes = déficit budgétaire.
▪ Nous avons changé de paradigme : la croissance entretenue à crédit et l’endettement massif : c’est fini ! Dorénavant, il va falloir se satisfaire d’une croissance bien plus faible avec des niveaux de chômage relativement élevés. Ce qui induit une baisse des rentrées fiscales pour les Etats qui auront UNE capacité de remboursement amoindrie.
▪ Parallèlement, les dépenses sont potentiellement explosives dans les prochaines années avec le vieillissement des populations : plus de dépenses de santé, de dépendance et de retraite.
▪ Or les pays étouffent déjà sous le poids de la dette et de l’intérêt de la dette.
L’étau se resserre. Les recettes baissent faute de croissance. Le seul levier d’action qui reste : c’est la dépense. Au grand dam des politiques…
La “fuite en avant” ne marchera pas. Il faut tailler dans le vif
▪ Les marchés ne veulent plus de sparadraps à coup de planches à billets, des rallonges du fonds de sauvegarde européen… pour colmater temporairement les bobos souverains qui, de-ci de-là explosent comme des geysers sous pression. Ils ne veulent plus des plans qui se succèdent sans jamais rien régler sur le fond.
▪ Ils veulent une réduction des dépenses des Etats, un plan de redressement des finances des Etats, étalé sur le long terme, planifié, crédible et appliqué. Tant pour les Etats-Unis que les Etats européens. France comprise. Car de ce point de vue, je nous classe dans le camp des mauvais élèves. Ce qui arrive à l’Italie peut nous arriver. Il suffit d’une hausse de quelques points de base des taux d’intérêt et nous y sommes…
Mon côté allemand me fait naturellement pencher pour ce dernier camp. La fuite en avant n’est pas une bonne solution. Mieux vaut frapper un bon coup et repartir sur des bases saines que de sombrer et s’embourber lentement ; tailler dans le vif plutôt que de mourir à petit feu…
En attendant :
Que faire pour se protéger des soubresauts des marchés ?
Plusieurs refuges possibles :
▪ Le franc suisse (qui s’envole) ;
▪ Le bund allemand (dont le spread avec l’obligation d’Etat française atteint un record historique) ;
▪ L’or, à condition qu’il soit physique. Il pulvérise tous ses records en euro et cote actuellement 1 108 euros l’once.
▪ Autre solution : mettez des “neutralisateurs de pertes” dans votre portefeuille. Il n’est pas encore trop tard. Car n’oubliez pas : on ne s’en veut jamais d’avoir été trop prudent. Mais de ne pas l’avoir été… on s’en mord les doigts. Pour en savoir plus, découvrez vite le message de Simone Wapler et ses deux solutions concrètes qui pourraient vous éviter les conséquences catastrophiques d’un nouveau krach sur votre portefeuille…



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