Les terres rares sont au XXIe siècle, ce que le pétrole était au XXe : les clefs de la croissance !
Alors comment profiter des terres rares ?
Certes, il y a les minières occidentales, dont on vous a déjà largement parlé dans l’Edito. Mais il existe un autre moyen, dont personne ne parle, et qui peut s’avérer tout aussi intéressant : investissez directement sur les compagnies implantées en Chine !
Petits rappels pour ceux qui ne connaissent pas les terres rares
Les terres rares sont un groupe de 17 métaux aux propriétés physiques exceptionnelles. Ils répondent aux doux noms de néodyme, ytterbium ou encore dysprosium.
Comme le pétrole, la production est actuellement concentrée dans une seule région : la Chine produit 97% des terres rares mondiales. Le problème, c’est que Pékin veut de moins en moins partager sa production. Depuis 2005, le pays réduit de 12% chaque année ses exportations.
Le dernier épisode s’est déroulé fin décembre. Une nouvelle baisse des quotas a entraîné un nouveau tollé général des gouvernements occidentaux.
Or je vous rappelle qu’il n’existe pas d’alternatives : Les terres rares sont non substituables. Les propriétés de ces éléments sont tout à fait exceptionnelles. A tel point que nous découvrons tous les jours de nouvelles propriétés.
Enjeux géoéconomiques et hyperconcentration de la production, les plus grands scénaristes de science-fiction en rêvaient. Je ne serais pas étonné que 007 soit bientôt envoyé en Mongolie intérieure pour sauver une cargaison de terres rares !
La Chine a besoin de terres rares pour monter en gamme
La Chine produit de moins en moins de transistor, et de plus en plus d’écrans plats. Elle produit de moins en moins de vélos, mais de plus en plus de voitures électriques. Or cette "montée en gamme" exige de plus en plus de terres rares. Car la plupart des technologies du futur contiennent des terres rares.
Contrairement à la dynamo, la batterie des voitures électriques utilise plusieurs kilos de néodyme. Autre exemple, les écrans plats (de la télévision à votre iPhone) tirent leur luminosité de l’yttrium et du cérium.
Ces produits vont devenir de plus en plus courants dans notre vie. Et les populations des émergents vont elles aussi en avoir envie.
La Chine produit, transforme et consomme ses terres rares
Le grand tournant chinois a été le réveil de sa consommation intérieure. Désormais, les Chinois vont consommer leurs terres rares, en avoir besoin pour EUX, plutôt que de les exporter.
La première "destination industrielle" des terres rares est l’aimant permanent, indispensable dans les batteries. Or la Chine est déjà leader sur ce secteur. La Chine produit 75% des aimants permanents dans le monde.
Avec ces "supers aimants" (dont la puissance est très supérieure à n’importe quel aimant), Pékin développe son parc d’éoliennes, son parc automobile et ses réseaux de télécommunication.
En résumé : elle extrait la matière, la transforme, et la consomme de plus en plus en interne. Limitant de fait ses exportations. C’est une tendance de fond ; il n’y aura pas de "marche arrière".
Qu’elle est la "stratégie terres rares" de la Chine ? La comprendre vous aidera à orienter vos investissements.
La Chine n’a pas construit son monopole en quelques mois
Sa stratégie s’est élaborée en deux temps : d’abord détruire la concurrence des autres pays grâce ses faibles coûts de production (un avantage compétitif clé). Ensuite, attirer les groupes étrangers sur son sol. Car comme le dit notre collègue américain Byron King, traiter les terres rares est beaucoup plus difficile que de les extraire du sol ; traiter les terres rares correctement implique d’être réellement bon en chimie et en génie chimique également. Ce n’est pas simple.
L’objectif de la Chine était d’acquérir les technologies de transformation les plus performantes pour traiter ses terres rares. La séparation des minerais entre eux est une activité extrêmement coûteuse et technique.
Les opportunités existent : pénétrez au coeur du dragon !
Cette stratégie a marché au-delà des espérances. Dans les années 1990, les groupes privés leaders dans la transformation des terres rares en produits finis se sont tous installés en Chine.
C’est là que la porte s’ouvre pour nous…
Jouez les acteurs privilégiés sur le sol chinois
De nombreux groupes étrangers ont été autorisés à "piocher" dans le sous-sol chinois. Ces groupes bénéficient d’un traitement privilégié car ils apportent les technologies les plus performantes.
Parmi ces grands groupes, nous retrouvons des noms familiers.
▪ Ainsi, le chimiste Rhodia est un acteur implanté depuis longtemps en Chine.
▪ C’est également le cas avec Neo Material Technologies, une société canadienne spécialisée en chimie/transformation des terres rares, et qui a elle aussi ses entrées en Chine.
Alors que tous les gouvernements essaient vainement de réveiller leurs anciens fleurons miniers, je vous conseille de regarder les groupes solidement implantés en Chine.
Soyez sélectif ! Le stock picking est ici essentiel à la réussite de votre investissement.


