La crise diplomatique fait rage entre Pékin et Tokyo, sur fond de conflit territorial.
Que font nos terres rares au milieu de ce champ de bataille diplomatique ?
Suivez-moi, vous allez très vite comprendre.
Nouvelle arme chinoise ?
La Chine serait-t-elle en train d’utiliser "l’arme des terres rares" pour obtenir de Tokyo la libération du chalutier chinois retenu ?
Couper les livraisons de terres rares au Japon s’il n’obtempère pas ?!
Les rumeurs vont bon train.
Pékin nie en bloc toutes les rumeurs. Bien entendu.
Je vous rappelle que la Chine produit 95% des terres rares. Une situation de total monopole. Imaginez son pouvoir !
"Le Moyen-Orient a le pétrole ; nous avons les terres rares", disait Deng Xiaoping en 1992. Il ne savait pas à quel point il avait raison…
Or Tokyo est le plus gros importateur de terres rares
A lui seul, l’Archipel engloutit 17% des terres rares échangées sur la planète.
Ces terres sont absolument stratégiques à toutes les technologies high-tech. Pas de véhicules hybrides, ni d’ordinateurs, de PDA, d’iPhone, d’iPad, où de TV à écran plat… sans terres rares. Pas de lampes LED, ni de panneaux solaires, ni de turbines pour les éoliennes… sans terres rares. Elles sont indispensables et non substituables.
Le torchon brûle entre le Japon et la Chine
Je crois, cher lecteur, que nous venons de franchir un nouveau pas dans la "saga des terres rares".
Japon demande un relèvement des quotas. Et le Premier ministre chinois Wen Jiabao aurait menacé l’Archipel de "nouvelles mesures" s’il ne relâchait pas "immédiatement" le chalutier chinois retenu.
En attendant, les livraisons de terres en partance pour le Japon seraient toutes bloquées dans les ports chinois selon le New York Times.
Toyota aurait déjà prévenu les constructeurs de l’interruption des livraisons de terres rares.
L’heure est grave
Comment le Japon va-t-il produire ses voitures hybrides, panneaux solaires, TV à écran plat et autres gadgets high-tech en tous genres sans terres rares ? Impossible.
Vous connaissez la situation des terres rares. Je l’ai déjà abordée avec vous à maintes reprises.
Depuis plus deux ans déjà, la Chine réduit dramatiquement ses quotas d’exportations de terres, alors qu’elle exportait il n’y a pas si longtemps quelque 60 000 tonnes de terres par an. Depuis ses exportations sont tombées à 50 000 tonnes, puis 40 000 tonnes…
Pour 2010, les exportations devraient se limiter à 30 300 tonnes maximum !
Une baisse vertigineuse de 40% par rapport aux exportations 2009. Ce qui voudrait dire que seulement 7 976 tonnes de terres seraient autorisées à sortir sur le second semestre 2010 de Chine.
Partout, c’est la levée de boucliers
Car n’oubliez pas que la demande de terres rares est attendue en très très forte hausse dans les prochaines années. Elle a doublé sur les toutes dernières années et devrait doubler à nouveau très rapidement.
▪ Le 17 juin, Bruxelles a tiré la sonnette d’alarme, en dressant la liste de ces "métaux critiques" et en s’inquiétant de la pénurie à venir.
▪ Aux Etats-Unis, les terres rares sont considérées comme stratégiques car indispensables à la défense nationale. Cinq d’entre elles sont qualifiées de "hautement critiques". Et le Pentagone, je vous le disais, en conserve un "stock stratégique".
Congrès, Pentagone… alerte rouge !
▪ Le Congrès tire la sonnette d’alarme à son tour : la défense nationale est dépendante des terres rares, détenues par… la Chine ! Il faut faire quelque chose.
▪ Le Pentagone devrait sortir d’ici un mois un rapport sur le risque potentiel que fait peser sur la sécurité nationale, cette dépendance aux terres rares.
▪ Le Comité des Sciences et des technologies américaines réclame une loi qui autoriserait le Département de l’énergie américain à mettre en oeuvre un programme de développement des terres rares pour restaurer l’indépendance américaine.
Car si la Chine détient 57% des réserves de terres rares dans ses sous-sols, Canada et Etats-Unis en sont également pourvus. Sauf que toutes les mines ont été fermées depuis longtemps, la Chine ayant décimée tous ses concurrents à coup de guerre des prix sans relâche. Production à bas coûts oblige…
De 8 à 10 ans d’attente !
Entre le moment où vous décidez de vous lancer dans un projet de mine et le moment où la mine produit enfin, il peut se passer beaucoup de temps…
Heureusement, il y a quelques très rares minières qui ont pris de l’avance.
Deux ont été présentées dans notre rapport spécial "terres rares" l’an dernier. La troisième vient d’être recommandée à nos lecteurs dans L’Investisseur Or & Matières (notre lettre consacrée à l’or et aux minières) et a gagné 25% en trois semaines.
[NDLR : Ne ratez plus aucune recommandations de notre spécialiste des minières -- Simone Wapler -- ses performances sont tout simplement exceptionnelles ! Un exemple ? Vous auriez pu accumuler 33% de plus-value latente sur une minière acquise début septembre : pour recevoir dès aujourd'hui ses recommandations détaillées...]
Je ne peux donc vous en parler.
En revanche, j’en ai une petite dernière sous le coude, dont j’aimerais vous parler.
Rare Element Resources ?
Il s’agit d’une petite canadienne que j’ai récemment découverte. Vous allez voir, c’est un dossier passionnant.
Si vous vous intéressez aux minières, je vous recommande d’approfondir l’étude de cette minière qui me paraît avoir du potentiel, au regard de l’entretien que j’ai eu avec ses dirigeants.
En revanche, je n’ai pas creusé davantage le dossier pour l’instant. Je vous laisse prendre le relais !
Pour savoir comment évaluer une minière, je vous renvoie vers mon dernier article sur le sujet.
Rencontre avec les dirigeants
J’ai eu l’occasion de rencontrer les dirigeants de Rare Element Resources. C’était à Paris en mars dernier ; grâce à Monsieur Claude Béjet que je remercie chaleureusement au passage.
J’ai donc discuté avec le directeur financier de la minière, M. Mark Brown, et le pdg, monsieur Donald Ranta.
Voici les informations que je peux d’ores et déjà vous fournir avant que vous n’approfondissiez les recherches de votre côté.
▪ La mine de Bear Lodge (détenue à 100% dans le Wyoming) devrait pouvoir extraire les terres rares avec de très faibles coûts de production. Inutiles de creuser profondément pour extraire les précieuses terres, une aubaine.
▪ En plus, ce serait un dépôt très prometteur quant à sa taille, très conséquente.
▪ Les concentrations seraient fortes et les terres rares à forte valeur ajoutée bien représentées.
▪ De même, les infrastructures sont en place, inutile d’investir pour accéder aux routes, électricité, eau, train…
▪ Le géologue de la minière est réputé. Il s’agit en effet de Jim Clark, connu et reconnu dans le milieu. 30 ans d’expérience. Le président, détenant lui aussi un Ph.D en géologie, a plus de 40 ans d’expérience dans l’exploitation des minières. Ces deux points sont très rassurants.
▪ La minière est encore loin du stade de la production. Attendue pour 2015 a priori.
Nous avons donc ici à une petite exploratrice, à fort potentiel, mais hautement spéculative et volatile. Comme toute minière qui se respecte.
Une minière qui a tout de même gagné +350% depuis cet été
Son cours est passé de 2 $ en juin, à 9 $, 10 $ au moment où je vous écris.
Et cerise sur le gâteau : elle est diversifiée dans l’extraction… d’or !

Je vous laisse vous plonger dans ce dossier passionnant.
Et d’ici là, n’oubliez pas de rester à l’écoute.
Isabelle Mouilleseaux


