Total frappe fort. A votre tour maintenant

380 millions d’euros !
C’est la somme que Total met sur la table pour mettre la main sur la société canadienne UTS Energy. Et manifestement, la major se donne les moyens de réussir son OPA : l’offre est 100% en numéraire et représente une prime de 57% sur le dernier cours de clôture d’UTS coté à Toronto.

Total continue de parier sur le sable bitumineux
Cette acquisition lui permet de se renforcer dans les sables bitumineux canadiens. Notamment en Alberta, dans le “triangle d’or” de l’Athabasca. Principal projet dans le portefeuille d’UTS : Fort Hills, dont on devrait extraire quelque quatre milliards de barils, le tout “à ciel ouvert”. Mise en production prévue pour… 2013. Autant dire demain.

Diversification stratégique
N’oubliez pas que le problème numéro un des majors du pétrole est le renouvellement de leurs réserves, qui s’épuisent lentement mais sûrement. L’accès aux ressources est la problématique clé : 85% des ressources sont entre les mains des Etats (Russie, Iran, Venezuela, Lybie…).Voici pourquoi les sables bitumineux et le nucléaire sont deux axes stratégiques que Total a décidé de rajouter à son arc.

Opération non rentable…
… disent les détracteurs. Le baril de pétrole se négocie actuellement autour de 40 $. Or le coût de production d’un baril à partir du sable bitumineux varie entre 60 et 90 $, selon les cas et les estimations. Transformer le sable en brut est on ne peut plus énergivore ! A tel point qu’on réfléchit à créer des centrales nucléaires rien que pour fournir l’énergie nécessaire à cette transformation…

A titre personnel, j’estime que c’est une aberration. Avis qui est loin d’être partagé par tous. Le bilan écologique est tout simplement catastrophique en termes d’émission de CO2. Et je ne parle même pas des dégâts environnementaux que cela occasionne.

Mais là n’est pas mon propos aujourd’hui…

Total valide un point fondamental au travers de cette acquisition
Pour ceux qui commencent à en douter, le cours du brut n’a pas quitté son grand trend haussier. Le repli actuel du cours du baril auquel nous assistons est une consolidation temporaire, dans ce trend. Si Total n’en était pas convaincu à 100%, il n’investirait pas des centaines de millions d’euros en Alberta pour extraire un baril qu’il ne pourra rentabiliser que si le cours du brut atteint au moins 60 – 90 $.

En clair et sans décodeur, Total achète en creux de vague une pépite dont il est certain qu’il pourra rentabiliser le brut à l’horizon de quelques années, celui-ci étant clairement sur un trend haussier.

Quel enseignement en tirer ?
Autour de 35 – 40 $, le cours du brut est à mon avis au creux de la vague. Il peut éventuellement baisser jusqu’à 30 $, mais son potentiel de baisse est clairement limité, son potentiel de hausse presque… très significatif, pour qui sait être patient. Le rachat d’UTS par Total en creux de vague, en est la preuve flagrante.

Baisse de la production de brut, peak oil, réserves en repli et de plus en plus difficiles à atteindre, à des coûts de production de plus en plus élevés, hausse de la demande de brut tirée par les pays émergents — dès que nous serons sortis de crise. Tous les fondamentaux nous montrent que le cours du brut, en tendance, s’inscrira à la hausse.

L’investisseur sage aurait tout intérêt à méditer cet exemple
La stratégie d’acquisition de Total en creux de vague n’est pas un hasard. Car actuellement, les valeurs dont les cours sont corrélés au prix du brut ont été massacrées. Même les plus belles et les plus solides d’entre elles. Normal, le cours du brut est à la cave. Les valeurs éoliennes, solaires, géothermiques et énergétiques en général ont suivi le brut à la baisse : elles sont aujourd’hui à des cours attractifs.

Le temps des soldes est venu
Sachant que le cours de ces sociétés évolue parallèlement au prix du baril, et qu’elles sont actuellement très peu valorisées, l’investisseur aurait tout intérêt à regarder le marché de très près. Le temps des soldes est venu. C’est clairement le moment d’acheter, de mettre en portefeuille et de laisser dormir quelques années.

Encore faut-il bien choisir son secteur. Et à l’intérieur de ce secteur les bonnes valeurs
Ceux qui me lisent régulièrement savent qu’aujourd’hui, ma préférence en terme d’énergie alternative va aux secteurs géothermique et nucléaire. Dans le secteur pétrolier, j’ai un faible pour les parapétrolières.

C’est aujourd’hui qu’il faut sélectionner les plus belles valeurs de ces secteurs. Afin de les acheter à chaque fois que le brut décroche vers un nouveau point bas. Une fois en portefeuille, gardez-les bien au chaud. D’ici quelques années vous ne le regretterez pas.

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.