Oui, je pense que le cours du pétrole peut encore baisser un peu à court terme. Pourquoi ?
Pour des raisons techniques que je vous expose depuis fin août et sur lesquelles je vais revenir.
Mais aussi pour des raisons fondamentales. Laissez-moi vous expliquer…
Voici ce que j’écrivais le 1er septembre dernier :
"Le cours du WTI est coincé depuis début août dans un range compris entre 68/69 $ et 74 $. Nous entrons dans une zone clé… Enfoncer le seuil de 68/69 $ sera donc probablement difficile. Mais s’il l’était, ce serait pour le brut un signal négatif fort et nous irions directement tester les 60 $."
Le support des 68/69 $ a été enfoncé la semaine dernière
Il aura fallu trois tentatives. La troisième aura finalement été la bonne. Le WTI a clôturé en hebdomadaire sous le seuil clé. Du coup, le cours, qui cotait encore 72 $ en début de semaine, est venu tester les 65 $ en fin de semaine. Une variation de plus de 10% en quatre séances !

Cours du WTI en US$ le baril, sur trois mois
Outre les facteurs techniques, il y a aussi des facteurs fondamentaux qui poussent les prix du brut à la baisse.
La baisse des marges des raffineurs pèse sur le prix du brut
Malgré la chute des prix du pétrole, il est probable que la demande de pétrole ne reparte pas. Car les marges des raffineries américaines sont insuffisantes.
En gros, l’écart entre le prix d’achat du brut et le prix de vente des produits pétroliers raffinés est trop faible. A tel point que les raffineries préfèrent réduire leur activité pour éviter de tourner à perte. Alors forcément, la consommation de pétrole diminue et le stock hebdomadaire de brut américain grimpe en flèche.
Tant que la demande pour les produits raffinés ne repartira pas, avec des hausses de prix et une reconstitution des marges à la clé, toute hausse du cours du brut sera plafonnée
Les navires déchargent leurs stocks !
Autre facteur clé qui pèse sur les cours : le changement de structure du marché à terme. La courbe des prix du marché à terme du pétrole, reste ascendante (contango). Mais nettement moins qu’auparavant. La différence entre les prix future (à un an) et le prix spot, qui était en janvier dernier de 23,70 $ (un record) est retombée à 5,45 $.
Alors le sport qui consistait à stocker massivement du brut, y compris sur des tankers en mer, pour le livrer sur des échéances futures et empocher le différentiel de cours, n’est plus rentable avec la prime actuelle. En effet, le coût de stockage du brut est très élevé.
Le déchargement de ces bateaux (jusqu’à 110 millions de barils "flottants" stockés sur les eaux en avril) entraîne une hausse des importations. Ce qui pèse sur le cours.
Une stratégie intéressante en ce moment
La stratégie qui me parait intéressante à jouer depuis le début du mois est de vendre le brut et d’acheter le gaz en parallèle. Vous neutralisez ainsi le risque marché et jouez en même la disparition de la divergence des cours qui est apparue temporairement entre les deux matières premières. Habituellement leurs cours évoluent de concert. Le potentiel de rattrapage est évident. J’y reviendrai.


