Malgré le mètre de neige au Canada, les conclusions du G7 sont arrivées jusqu’à nous : il faut à tout prix continuer les perfusions et les injections. Le malade reste gravement atteint. Toute interruption des plans de relance ferait à coup sûr rechuter l’économie…
Sauf que ce malade exsangue est en train de faire plonger les Etats. La dialyse atteint ses limites. Nous sommes en train de vider les Etats de leur sang ! Après l’Islande et la Grèce, voilà que les risques pèsent sur le Portugal, l’Espagne, et même l’Italie. A quand la France et les Etats-Unis ?
Les dettes gonflent, les déficits se creusent, les spéculateurs jouent l’implosion du système. Et comble de malheur, les poches du contribuable sont vides…
Coup double ! Triple que dis-je…
Cette semaine encore, les spéculateurs et autres hedge funds ont joué contre la Grèce à coups de dizaines de millions de dollars, et ont shorté les marchés actions et l’euro en parallèle.
Coup double… Triple que dis-je ! Ils ont dû faire le plein de plus-values… insensé !
Leur stratégie ? Proche du billard à trois bandes… Générer la panique en faisant gonfler le spread entre le taux grec et le bund de référence, puis jouer les plongeons de l’euro et des marchés actions. Un coup de maître…
Surtout un coup de plus, qui nous pousse à vitesse grand V vers le W !
L’euro plonge, victime de ses convulsions internes violentes
Grèce, Portugal, Espagne, Italie… les Etats du "Club Med" font vaciller la Zone euro. La Grèce ira-t-elle à la faillite ? Faut-il la sauver au risque de faire imploser l’euro ? La BCE va-t-elle se mettre à acheter des "actifs pourris" comme la Fed et la Banque centrale anglaise pour sauver tout ce petit monde ?
L’Allemagne frappe du poing sur la table. Trop, c’est trop. Alors chacun pour soi et Dieu pour tous ! Je crois bien que je suis à deux doigts de penser qu’elle a raison. Trop de monde dans cette Zone euro. Trop de divergences. Ca ne peut pas marcher…
En attendant, l’euro s’effondre littéralement (jusqu’à 1,3605), les actions dévissent, les matières premières voient le sol se dérober sous leurs pieds.
Rien n’y fait…
Les chiffres économiques américains sont mauvais ? L’aversion au risque bondit et fait monter le dollar qui devient "valeur refuge". Les chiffres économiques américains sont bons ? Le billet vert prend du gallon. Dans les deux cas, point de salut pour notre euro.
Et puis tant mieux pour nos entreprises et nos exportateurs. Ils en avaient besoin !
Petit tour d’horizon des marchés matières premières…
1. Energie : l’or noir voit rouge
Le baril, malgré une tentative de rebond (77 $), dérape à nouveau, jusque sous les 70 $. Emporté par la vague de rebond du dollar, par les marchés actions et par le retour en force de l’aversion au risque. Aversion qui fait fuir les capitaux, des actifs à fort rendement vers le dollar et les bons du Trésor américain.
Les fondamentaux restent franchement moroses : la demande des pays de l’OCDE est anémique et l’offre est abondante. Les stocks restent pleins.
Livraison mars, le WTI cotait vendredi en fin de journée 70,35 $ sur le NYMEX. Le Brent 68,80 $ sur l’ICE.
2. Métaux précieux : l’or jaune broie du noir
Si les bears ont eu la peau des bulls, le dollar lui a eu la peau de l’once !
L’or repasse sous les 1 100 $, enfonçant même vendredi le seuil support clé des 1 075 $. Ce qui n’a pas manqué de déclencher un fort signal de vente, qui a aussitôt propulsé l’once sous les 1 050 $ à New York.
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