Le ratio gaz naturel/pétrole peut rapporter gros
Tout est relatif, comme disait Einstein…
Et, s’il faut avouer qu’il est difficile de prédire les prix des hydrocarbures, la simple observation du ratio gaz naturel/pétrole peut rapporter gros.
Après avoir testé une stratégie liée à ce rapport pendant quatre années, j’observe depuis près de 10 ans que n’importe qui peut gagner entre 40 et 50% par an en misant sur un retour de balancier.
Cette situation ne se produit qu’à peu près trois fois par décennie
Le British Thermal Unit (abrégé en Btu) correspond à la quantité de chaleur nécessaire pour élever la température d’une livre anglaise d’eau de 60 à 61 degrés Fahrenheit. Or, un contrat à terme sur du gaz naturel livrable en Louisiane à l’échéance de mai 2009 vaut actuellement 3,67 dollars le million de Btu.
Parallèlement, le baril de brut, à livrer en Oklahoma à la même échéance, coûte 48,60 dollars. Et comme un baril de pétrole donne 5,8 millions de Btu, le million de Btu version pétrole coûte environ 8,38 dollars ces jours-ci. L’écart actuel a de quoi surprendre, et pour cause : cette situation ne se produit qu’à peu près trois fois par décennie, et nous sommes actuellement proches d’un retournement crucial.
Nous sommes actuellement proches d’un retournement crucial
A long terme, le prix du pétrole devrait être bien supérieur au coût actuel. Toutefois, il reste possible d’envisager un baril oscillant entre soixante et 75 dollars la pièce (donc au maximum 50% de plus que les niveaux d’aujourd’hui) pour deux à trois ans, bien que de nombreux arguments spéculatifs — comme l’emprise des CTA sur le marché actuel — plaident plutôt en faveur d’une très forte volatilité du marché.
En revanche, il est difficile d’envisager, d’ici 2012, un gaz naturel stagnant entre trois et cinq dollars. Plusieurs arguments plaident en faveur d’un rééquilibrage beaucoup plus haut, à commencer par ce que j’appelle l’indicateur "manchettes de journaux".
L’indicateur "La une des journaux"
En 1982, à l’aube du plus grand marché haussier de l’histoire de l’humanité, le magazine Business Week consacrait sa couverture à "La mort des actions".
18 ans plus tard, un mois avant l’éclatement de la bulle, la même publication titrait en une : "Le boom : comment la prospérité refaçonne l’économie américaine"…
Que dit la presse aujourd’hui ?
Actuellement, Forbes nous apprend que "le département de l’énergie dit que les stocks de gaz augmentent de manière inattendue", l’International Business Times affirme que le gaz naturel est "victime de son propre succès", tandis que Bloomberg déclare que la baisse actuelle "signale un effondrement vers trois dollars".
Conclusion : le gaz mal-aimé est proche du rebond.
Que dit la théorie des files d’attente ?
De plus, la quantité de points de production de gaz aux Etats-Unis a diminué de près de moitié en moins d’un an. La théorie des files d’attente prédit que, dès que le balancier aura atteint son extrême, ceci risque de provoquer des peurs de pénurie à la première occasion.
Le gaz naturel profitera de la taxe CO2 d’Obama
Finalement, la nouvelle administration démocrate devrait proposer un système de bourse de carbone dans les deux ans. Le gaz naturel fera partie des matières premières gagnantes, puisqu’il génère moitié moins de carbone que le charbon, première source d’électricité aux Etats-Unis.
La taxe CO2 d’Obama donnera un coup de fouet à la consommation de gaz, et de nombreux producteurs d’électricité surferont sur la vague verte en tentant de convaincre leur clientèle de payer davantage pour polluer moins.
Selon le département de l’énergie, plus de neuf nouvelles centrales sur 10 fonctionneront au gaz à l’avenir ; la Chine elle-même a fait part de son souhait de réduire sa dépendance au charbon.
Mes anticipations ?
Concernant le ratio pétrole/gaz naturel, le scénario d’Inside ALPHA prévoit d’abord un pic (non encore atteint), dans quelques jours ou dans six mois, mais probablement d’ici la fin de l’été.
A partir de là, deux attitudes sont possibles : les prudents miseront simplement sur un retour vers la médiane, ce qui devrait générer un gain d’au moins 30% relativement rapidement (probablement neuf mois au maximum).
Une approche plus dynamique, qui vise à tenir la transaction jusqu’à ce que le balancier exagère dans l’autre direction, dure statistiquement plus longtemps (environ un an et demi) mais permet en moyenne de doubler l’argent investi.
[NDLR : en attendant, Nicolas Rémy nous indique ce matin dans son analyse technique sur le Brent qu'il vise 51 $ puis 52,1 $ avec en cassure de cette résistance, les 55,5 en ligne de mire. Ce qui souligne une fois encore l'urgence qu'il y a à se positionner maintenant sur le pétrole ! Et pour en profiter n'attendez pas pour commander votre rapport exclusif "Pétrole au plus bas : 3 pépites pour profiter des nouveaux sommets !" -- il ne reste plus que quelques jours pour en profiter !]
Comme pour de nombreuses stratégies, la clé de voûte reste un money management rigoureux. Le marché actuel reste généralement sous le contrôle des initiés et du program trading ; dans un tel environnement, la priorité reste d’éviter le moindre appel de marge.
Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur le site Le Coin des Insiders.


