Uranium : la compétition s’intensifie

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Aujourd’hui, je poursuis mon étude sur le marché de l’uranium, attendu à la hausse. Cette tendance relancera la ruée vers l’uranium. Faisons un petit tour d’horizon du paysage de l’offre mondiale d’uranium.

Un marché en pleine révolution
En 2008, alors que les cours culminaient, de nouveaux acteurs sont apparus. Start-up de l’uranium, pays émergents ou électriciens sont ainsi venus concurrencer les "cadres", c’est-à-dire les géants miniers BHP Billiton, Rio Tinto, Comeco ou Areva.

Aujourd’hui, le marché s’est considérablement transformé.

Si les cours ont chuté, les lieux et les acteurs ont également évolué. Nombre de start-up ont disparu. A l’inverse, conscient du rôle stratégique que l’atome jouera au XXIe siècle, les Etats n’hésitent plus à lancer leurs poulains dans la bataille. Ils commencent même à se constituer des stocks d’uranium, pour voir venir…

Examinons où les acteurs investissent désormais, et qui a les reins assez solides pour y investir. Bonus à la sortie garantie…

Des ressources démocratiquement réparties…
Le minerai est plutôt bien réparti géographiquement.

L’OCDE possède 39% des réserves, les BRIC avec l’Afrique du Sud en possèdent 26%. Les 35% restant sont répartis en Afrique et en Asie centrale.

… mais plus ou moins bien exploitables
D’abord, les nouveaux gisements sont plus coûteux à exploiter, du fait de l’explosion des coûts d’exploitation d’une mine.

Ensuite, la géopolitique de l’uranium s’est complexifiée.

Le Canada, l’Australie et le Kazakhstan constitue le trio de tête actuel des producteurs d’uranium.

Mais les nouveaux gisements sont apparus. Plus difficiles d’accès. L’Afrique, le bassin de l’Amazone au Brésil, et l’Extrême-Orient russe constituent désormais la nouvelle frontière de l’uranium.

Essoufflement du trio de tête
Ces nouveaux lieux doivent assurer la relève des mines actuelles.

MacArthur River (Australie), Cigar Lake (Canada) et Akuta (Niger), les trois plus grandes mines au monde, seront épuisées d’ici 2025, ce qui implique une baisse des rendements bien avant.

L’avenir des centrales de demain se joue aujourd’hui
C’est ce constat qui a déclenché une véritable coursesur les gisements encore inexploitées.

Malgré le coût plus élevé de l’exploitation, et les risques politiques chez ces nouveaux pays, les acteurs de l’atome n’hésitent pourtant plus à y investir…

Qui investit dans l’uranium ?
Précaution préalable : le capital des minières de l’uranium est difficilement pénétrable, et c’est un euphémisme…

▪ Les premiers investisseurs sont de plus en plus publics. Désormais, les Etats contrôlent d’une main de fer le capital de leurs sociétés spécialisées dans l’uranium. Six des 10 plus grandes minières au monde sont publiques, au premier rang desquelles Areva, Kazatomprom (Kazakhstan) et ARMZ (Russie).

▪ Les minières privées sont sévèrement surveillées. A titre d’exemple, les investisseurs privés ne peuvent pas détenir plus de 15% des actions du groupe canadien Cameco, premier producteur mondial.

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Dans la course à l’uranium, avantage à la Russie
Rosatom, à travers sa minière AMTZ, est sur tous les fronts depuis deux ans. Son patron, Sergueï Kirienko, à l’intention d’augmenter sa production de 11%, après une hausse de 25% en 2009. Sa stratégie : investir massivement à l’étranger.

Stratégie pour l’instant en réussite : AMTZ est particulièrement bien positionnée sur le marché kazakhstanais et namibien, où le groupe vient d’investir un milliard de dollars.

La société minière publique a également profité du carnet d’adresses de Moscou. Aujourd’hui, le groupe est présent au Brésil et en Mongolie, détenteur de 5% des réserves mondiales d’uranium.

Quelles sont les lieux "hype" du moment ?
▪ La valeur sure : le Kazakhstan, THE place to be !
Devenu premier producteur mondial en 2010, le pays a besoin des technologies et des capitaux étrangers pour poursuivre son exploitation intensive de ses sous-sols. Areva, Cameco et Toshiba y ont déjà investi.

▪ Le pari : la Namibie, porte ouverte aux étrangers.
Le pays possède 10% des réserves mondiales. Producteur d’uranium depuis peu de temps, le gouvernement a annoncé son intention d’augmenter la production d’un tiers dans les années à venir. Areva, Rio Tinto et ARMZ sont déjà positionnés.

La valeur qui monte : Paladin Ltd
Divine surprise, le groupe minier est devenu début juin l’unique "pure player" du marché. Uranium One, racheté en juin par AMTZ, a du revendre ses parts de Paladin.

Exempt de parasitage politique, la compagnie australienne possède également l’avantage d’être présente dans plusieurs pays en pleine croissance. Solidement implantée en Australie (23% des réserves mondiales tout de même), la compagnie a choisi d’investir massivement dans le continent africain. Déjà présent en Namibie, où il exploite une des plus importantes mines au monde, Rossing, le groupe vient de signer un contrat d’exploitation au Malawi.

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.