Uranium : sans hausse des cours l’offre ne sera pas au rendez-vous

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La demande doit être au rendez-vous
Avec 45 centrales en construction, et 266 à l’étude, les entrepreneurs doivent pouvoir compter sur des réserves de combustibles disponibles.

Les minières l’ont bien compris, et se lancent dans l’acquisition tous azimuts de minerai.

Cela dit, une chose me paraît essentielle : la hausse des prix sera le seul moyen de combler le déficit de production.

Le nucléaire, l’énergie du XXIe siècle
Le nucléaire apporte des solutions efficaces à plusieurs problématiques modernes :

▪ Une arme contre le réchauffement climatique : le nucléaire est un instrument indispensable dans les politiques de lutte contre le réchauffement climatique. L’objectif de réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 est visé par les Etats-Unis, l’Union Européenne, et même la Chine.

▪ Une énergie bon marché : c’est un critère déterminant pour les émergents. Malgré l’investissement de départ, le nucléaire reste économique : Le kWh nucléaire coute 1,76 $, contre 2,47 $ pour le charbon et 6,28 $ pour le gaz.

▪ Un moyen de réduire sa dépendance et diversifier ses importations énergétiques : c’est une question brulante pour la Chine, qui est dépendante à plus de 50% du pétrole étranger, et qui a vu ses importations de charbon doubler en un an. Gardons à l’esprit qu’une livre de yellowcake (premier stade du traitement de l’uranium) produit l’énergie de 31 barils de pétrole, ou de 10 tonnes de charbon.

Les cours de l’uranium tardent à repartir à la hausse
On vous l’a annoncé, claironné, l’uranium va partir à la hausse !… et puis rien. Pire, le cours est passé de 45 $ la livre à 41 $ en six mois ! Les contrats à long terme se maintiennent autour de 60 $.

Une explication : Le Kazakhstan.

L’année dernière, le pays a augmenté sa production de 63%, ce qui a contribué à noyer le marché. Avec 24% de la production mondiale, le pays est alors devenu le premier producteur d’uranium.

Graphique de l'uranium

Deux raisons de croire à un rebond des cours :
▪ La stratégie kazakh n’est pas durable. Sa production n’augmentera que de 30% cette année.

▪ Le deuxième point est plus structurel : l’offre mondiale va avoir de plus en plus de mal à répondre aux besoins des émergents.

C’est probablement le moment de rentrer sur le marché.

Essoufflement de la production actuelle
La consommation actuelle est de 168 millions de livres d’uranium.

La production primaire, déjà à la peine, ne représente que deux tiers des besoins.

Prévu pour passer de 107 à 115 millions de livres en 2011, la production des mines devrait commencer à baisser d’ici quelques années. Après une hausse de 12% en 2009, la production devrait progresser de seulement 4% en 2010.

Côté réserves secondaires, qui couvrent un tiers des besoins, les perspectives ne sont pas plus optimistes. Moscou a annoncé la fin de son programme de désarmement "Megatons to Megawatts" en 2013. Ce programme fournissait autour de 13% de la production mondiale.

En parallèle, le nucléaire séduit de plus en plus
Les projets de réacteurs se multiplient. Actuellement 436 centrales sont en fonctionnement. Ce nombre devrait augmenter de 35% au regard des projets en cours.

En conséquence, 59 millions de livres devront être produites annuellement sur 10 ans pour répondre à l’augmentation de la demande !

Pas de Peak Uranium à l’horizon
Tordons le cou à la théorie du Peak dans l’uranium. Les ressources existent, et en abondance !

En 2007, la demande en uranium était de 70 000 tonnes. Selon le Commissariat à l’Energie Atomique, les réserves globales exploitables sont estimées à 5,5 millions de tonnes. Les ressources non-découvertes ou présumées sont estimées à 10,5 tonnes.

Donc tout est affaire de prix. Et aujourd’hui, force est de constater qu’ils lambinent encore à 40 $ l’once.

Hausse des prix, unique solution devant la pénurie
Une augmentation des prix, pour cohérente qu’elle soit, est surtout obligatoire. Cette augmentation apparaît comme la seule façon d’assurer une rentabilité suffisante aux mines, et ainsi de combler le déficit mondial d’offre en minerai à moyen terme.

Le hedge fund canadien Salida Capital table sur l’once d’uranium à 100 $, lorsque que le marché secondaire de l’uranium sera asséché. Autour de 2013… C’est demain !

Demain, nous nous intéresserons à l’offre. La situation du marché, les principaux acteurs, les minières qui ont le vent en poupe.

A demain.

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Florent Detroy

Florent Detroy est diplomé de Science Po Grenoble, où il s'est spécialisé sur les problématiques énergétiques et les transformations de l'espace post-soviétique.

Sa spécialité, ce sont les matières premières et en particulier dans le secteur de l'énergie.

Cela fait des années qu'il réalise des veilles stratégiques pour orienter les entreprises françaises à se développer dans des pays riches en matières premières...

Florent Detroy a une connaissance de l'ensemble de la chaine industrielle, de la prospection à la commercialisation – ce qui en fait un conseiller très précieux.

Après avoir travaillé dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities... il est parti à la découverte des plaines inhospitalières d'Asie Centrale et de leurs fabuleuses ressources minières et énergétiques...

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits.

Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites lui confiance.