Vendez le yen

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Un verre et la démission s’il vous plaît !
L’un des événements marquants du dernier G7 aura été l’apparition en état d’ébriété avancé de Shoichi Nakagawa, le ministre japonais des finances, lors d’une conférence de presse à Rome il y a 15 jours.

Il faut bien reconnaître que les raisons de plonger dans l’alcool ne manquent pas aux responsables japonais confrontés au mécontentement de tout un peuple. Et l’un des prochains à trinquer pourrait bien être le yen.

Le premier ministre décrié ; le pays en colère
Une incartade dont ce serait sans doute bien passé le gouvernement au plus bas dans l’opinion publique. Un sondage du magazine local Ashi a révélé que près de 71% de la population souhaite la démission de Taro Aso, l’actuel premier ministre.

Et ce n’est pas la visite de ce dernier à la Maison Blanche, devenant ainsi le premier chef de gouvernement étranger invité par Barack Obama, qui risque de renverser la tendance. En effet, critiqué dans son propre camp par l’ancien premier ministre et d’autres responsables du parti au pouvoir, Taro Aso semble vouloir nier l’évidence de sa démission.

Le déclin d’un empire…
Selon Richard Lawless, ancien sous-secrétaire américain à la Défense, "l’érosion de la place du Japon au niveau régional et mondial a commencé… Si ce processus de marginalisation du Japon n’est pas abordé ouvertement et activement, le déclin va s’accélérer".

Même si souvent les propos de cet ancien officier de la CIA doivent être pris avec précaution, on ne peut pas nier la situation très inquiétante de l’île. Le Japon importe une grande partie de ses besoins énergétiques et est même le deuxième importateur de pétrole derrière les Etats-Unis. Mais surtout, l’essentiel de son PIB est généré par ses exportations qui s’effondrent sous l’effet du renchérissement massif du yen.

Voilà qui fait vaciller le pays tout entier.

L’embellie aura été de courte durée
Depuis l’après-guerre, le capital humain, la maîtrise des technologies de pointe grâce à un effort de recherche énorme et une culture inouïe du travail ont permis à ce pays de se hisser juste derrière les Etats-Unis en terme de puissance économique.

Mais depuis la crise de début des années 90, le Japon se bat contre la déflation, le chômage, la précarité et l’accroissement des inégalités. Pourtant, depuis 2006, la situation s’était enfin améliorée.

Soutenue par les exportations vers la Chine en pleine croissance et l’amélioration de la consommation intérieure, ces toutes dernières années, symbolisées par la fin de la politique à taux zéro, n’auront été qu’un répit de courte durée…

Le pays replonge dans ses déboires économiques
Le Japon, dont la majeure partie de l’économie est axée sur les exportations, connaît aujourd’hui de nouvelles difficultés alors même que sa marge de manoeuvre est considérablement réduite avec une dette avoisinant déjà les 180% du PIB — 60% pour la France — et un taux directeur au plancher.

L’aggravation de la situation a été confortée par les dernières statistiques. La première estimation de la croissance pour le dernier trimestre 2009 est ressortie en recul de 3,3%, la production industrielle a dévissé de près de 10% également.

Et ce sont maintenant les exportations qui s’écroulent de plus de 45% en moyenne avec une baisse de 69% rien que pour le secteur automobile.

La crise actuelle a replongé le pays vers ses démons…

Vendez le yen !
Le yen s’est apprécie de 30% face au dollar américain et de plus de 52% face à la livre sterling depuis l’éclatement de la crise des subprime.

L’aversion pour le risque, les rachats de crédits ont poussé les intervenants à couvrir leur position au Japon et ont propulsé le yen à des sommets.

Cependant, la fête touche désormais à sa fin pour la devise nipponne qui devrait, sous l’effet dévastateur des rachats d’actions par l’Etat, de l’envolée de sa dette et de la faiblesse globale de la consommation mondiale, connaître un dur retour à la réalité.

Même si l’on devrait encore rencontrer une zone de consolidation, on pourra désormais viser un retour au-dessus de 105 yens pour l’USD/JPY. [NDLR : Pour en profiter sans embuches, demandez les recommandations e-mailées de Jérôme Revillier : tout est expliqué ici...]

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Jérôme Revillier

Rédacteur en Chef de FxProfitTrader
Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd'hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l'Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés. Quelques traders privilégiés suivent ses recommandations dans le cadre de FxProfitTrader.