“Hummer d’alors…” : le pétrole a de beaux jours devant lui

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leadimg

Les cheiks arabes et les investisseurs dans les matières premières peuvent se rassurer : la consommation de pétrole va augmenter.

Le gouvernement américain a beau multiplier les déclarations sur son soutien à la voiture électrique, à la voiture au gaz et peut-être bientôt à la voiture à voile et à vapeur, le pétrole reste le roi de la route. Et il devrait le rester pour un bon moment…

Le gouvernement de Barack Obama travaille actuellement sur un projet pour taxer les automobilistes en fonction du nombre de kilomètres qu’ils parcourent. L’information vient du journal The Hill, spécialiste de ce qui se trame au Congrès américain (situé sur Capitol Hill, d’où son nom).

Avec une telle taxe, pas besoin de se casser la tête à inventer un véhicule qui consomme peu. Ca tombe bien : les Américains en sont notoirement incapables.

Un faux prétexte écologique…
Pour expliquer leur projet, les députés lui ont collé un objectif : favoriser le développement des carburants alternatifs. Or cette ambition est en opposition complète avec les autres aspects du projet de loi.

Taxer les conducteurs selon le nombre de kilomètres n’encouragera pas l’adoption de véhicules propres, hybrides ou autres.

La plupart des gens manient le volant sur de courtes distances, typiquement entre chez eux et le travail. Ils ne verront donc pas l’intérêt de changer leur vieux 4×4 gourmand et polluant contre une petite citadine économe. Le niveau de la taxe restera peu ou prou le même.

… pour renflouer les caisses
En plus, le projet de loi possède un aspect technologique capable de faire rêver le conducteur naïf et le Big Brother qui sommeille en chaque politicien.

Les véhicules américains seraient équipés d’un compteur électronique qui mesurerait en temps réel les distances parcourues. Et lors de chaque arrêt à la pompe, paf ! Le montant de la taxe serait automatiquement débité du compte de l’automobiliste.

Autre preuve de la crétinerie du projet : ce texte entre dans un cadre plus large, qui ambitionne de révolutionner la manière dont sont perçues les taxes sur les autoroutes.

En clair, son unique but est de renflouer les caisses.

Grand renforts de communication
Les crânes d’oeuf du Congrès ont déjà imaginé la création d’un bureau spécial pour faire passer les conducteurs à la caisse.

Ce bureau chargé de trouver de nouvelles méthodes s’appellera le “Surface Transportation Revenue Alternatives Office“. Il fera partie de l’administration fédérale des autoroutes et devra dans un premier temps étudier la faisabilité de la taxe à la distance.

Conscients que la pilule risque d’être difficile à avaler pour le grand public, les élus ont décidé qu’il fallait préparer le public.

Le nouveau bureau a donc hérité d’une importante mission de relations publiques. Son objectif consiste à “mieux faire connaître le besoin de source de financement alternative pour le transport routier et à fournir des informations sur les différentes possibilités”.

Les élus oublient complètement l’écologie
Le projet de communication a mis en avant les quatre aspects importants du projet :

- la capacité des Etats à prélever les taxes
- La fiabilité de la technologie
- les coûts administratifs
- l’acceptation par les utilisateurs

    Si je sais encore compter jusqu’à quatre, je n’ai pas vu la mention d’économies d’énergies ou de développement de transports plus respectueux de l’environnement.

    Dépenser plus pour renflouer plus, la nouvelle politique américaine
    Sur le fond, les élus américains ont renoncé à changer leur mode de consommation.

    Ils ont préféré changer le mode de paiement de la taxe qui va avec, toujours dans l’espoir de renflouer des caisses désespérément vides.

    Et ce n’est pas les 300 millions de dollars nécessaires à la création de cette nouvelle administration qui vont alléger le vertigineux déficit public.

    Moralité, le pétrole a de beaux jours devant lui
    Dans ces conditions, l’horizon reste toujours aussi dégagé pour les pays producteurs de pétrole. Ils peuvent dormir tranquilles, le prix du baril n’est pas près de reculer.

    Au contraire, l’offre de brut est sous pression et la demande est totalement débridée (en particulier “au pays de la bagnole” que sont les Etats-Unis).

    Résultat : les prix ne peuvent que progresser
    Si certains d’entre vous se demandaient encore s’il fallait investir dans les matières premières (pas seulement le pétrole), le président Obama vient de leur répondre.

    Quant à ceux qui ont mis leur Hummer de côté, ils pourront le ressortir grâce aux lois Obama. Les écologistes se diront alors peut-être “Hummer d’alors”…

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    Marc Mayor

    Marc Mayor est le fondateur et président d'Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits "'neutres au marché").Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire "Le Coin des Insiders"', qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L'Agefi (Suisse).

    Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l'énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).Il participe régulièrement au Billet du Trader et à l'Edito Matières Premières & Devises.

    Marc Mayor met désormais toute son expertise financière, ses analyses et ses recommandations au service des investisseurs particuliers dans le cadre de sa nouvelle lettre d'information : La Lettre de Marc Mayor.

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