Volatilité extrême sur les devises et les matières

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La confiance dans le dollar ébranlée
Cette semaine aura été marquée par un regain de défiance vis-à-vis du dollar. L’euro/dollar, qui commençait la semaine juste au-dessus des 1,30, a été propulsé jeudi au-dessus des 1,47, avant de perdre la moitié de ses gains dans la seule journée de vendredi en revenant autour des 1,40.

Pourquoi un tel affaiblissement du dollar ?

Nous avons assisté à une inversion des flux de capitaux, les Européens rapatriant partiellement leurs fonds pour la clôture de fin d’année. A priori, les bonds du Trésor américain ont été épargnés par ce mouvement qui touchait surtout les autres classes d’actifs, à commencer par les obligations d’entreprises américaines.

Le net ralentissement des opérations de deleveraging et l’abaissement massif de son taux directeur par la Fed expliquent également le plongeon du dollar cette semaine. La Fed poursuit aussi sa politique monétaire quantitative — à savoir ses achats de bons du Trésor et de titres adossés à des crédits immobiliers et de consommation.

La Fed prend donc de plus en plus de papier en pension, son bilan gonflant à vue d’oeil : toute sa politique est centrée sur l’injection massive de liquidité dans le système économique et financier pour lutter contre la déflation. Ce qui ne manque pas de générer des pressions baissières sur le dollar et risquera de créer une vague inflationniste en sortie de crise.

En fin de semaine, le dollar regagnait un peu de terrain, grâce à la décision américaine d’accorder aux constructeurs automobiles 13,4 milliards de dollars, pris sur le plan Paulson. Le très mauvais chiffre allemand des prix à la production (en recul de 1,5% sur novembre — du jamais vu depuis des décennies) et l’effondrement des commandes à l’industrie en Italie sur octobre ont également soutenu le dollar.

L’aversion au risque reste forte. Et l’arrivée des fêtes, qui rime avec moins de volumes, renforcera la volatilité déjà extrême sur les devises. Les matières sont elles aussi soumises à de très fortes variations de cours. Elles ont globalement repris des couleurs cette semaine, jusqu’à la remontée du dollar vendredi, qui est venu briser cet élan.

1. Energie : le baril dopé par la chute du dollar
Le baril de brut est reparti en forte hausse en début de la semaine, dopé par la faiblesse du dollar, le WTI allant jusqu’à repasser au-dessus des 50 $.

Ensuite, et malgré l’annonce par l’OPEP d’une baisse de ses quotas de production de 2,46 millions de barils jours dès le 1er janvier, les cours du brut ont dévissé. Preuve du peu de confiance qu’ont les intervenants dans la capacité de l’OPEP à mettre en oeuvre ses décisions.

La hausse de 21% des stocks de brut américains sur la semaine, preuve évidente de la faiblesse de la demande de brut, a fortement pesé sur les cours.

Le contrat future échéance janvier qui arrivait à terme vendredi a été fortement chahuté, le cours du baril chutant jusqu’à 33,44 $, un point bas depuis 2004.

Livraison février, il cotait toutefois 41,98 $ sur le NYMEX.

Le Brent, livraison février, affichait au même moment 43,81 $ le baril sur l’ICE londonien.

A noter, également, la conférence qui a réuni à Londres vendredi les 27 grands pays producteurs et consommateurs de pétrole. Objectif : empêcher une chute trop prononcée du cours du brut, qui découragerait totalement les investissements dans le secteur et qui risquerait de nous conduire tout droit vers un choc pétrolier lors du retour de la croissance.

2. Métaux précieux : l’or revient au-dessus des 880 $ l’once
L’or, valeur refuge, revient sur le devant de la scène, dopé lui aussi par la faiblesse du dollar. Mercredi, il revenait jusqu’à 882 $ l’once.

Vendredi, le rebond du dollar et la chute du cours du baril lui imposèrent une correction qui ramena l’once à 836,80 $ sur le marché spot de New York. Et à 835 $ livraison janvier sur le NYMEX.

L’argent a suivi l’or et a terminé autour des 10,61 $ l’once vendredi.

Platine et palladium ont également progressé, mais de façon bien plus mesurée. Les cours ont apprécié l’annonce en fin de semaine d’une enveloppe de 13 milliards de dollars pour subvenir aux besoins des constructeurs automobiles américains. Pour mémoire, ce secteur est le principal débouché des platinoïdes.

Le platine a également été soutenu par les déboires de Zimplats, la plus grosse mine de platine du Zimbabwe, qui est dans une situation intenable tant les cours du métal précieux ont chuté. La mine risque même de fermer, ce qui réduirait la production d’autant. Déjà le mois dernier, les nouvelles en provenance du pays avaient été très mauvaises, avec des milliers de licenciements suite à la fermeture de plusieurs mines.

Voilà qui nous ramène au "cash cost" : lorsque les coûts de production sont supérieurs au prix de vente du métal, la situation se dégrade rapidement, la mine réalisant des pertes. Les arrêts de production se multiplient, jusqu’à la fermeture des mines.

Le platine terminait la semaine à 848 $ l’once à Londres et le palladium à 176 $ l’once.

Cours à
3 mois
Vendredi
12/12/2008
Vendredi
19/12/2008
Variation / semaine
 Aluminium* 1 555 1 476 -5,08%
 Cuivre* 3 260 2 920 -10,43%
 Plomb* 1 031 960 -6,89%
 Nickel* 10 750 9 600 -10,70%
 Etain 12 000 10 950 -8,75%
 Zinc* 1 098 1 087 -1,00%
 Acier (Méditerranéen) 355 360 1,41%
 Or (spot) 826,50 835,00 1,03%
 Argent (spot) 10,07 10,61 5,36%
 Platine (spot) 801,00 848,00 5,87%

* cours en $ sur le LME à trois mois

[NDLR : Le baril de brut à un plus-bas vieux de quatre ans ! Et pourtant les fondamentaux du pétrole devrait le pousser à franchir des sommets dans les mois et les années à venir. Découvrez tout de suite pourquoi -- et surtout comment investir au plus vite sur le plus grand boom du XXIe siècle...]

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.