Y aurait-il de l’eau dans le gaz ?

| |

Je vous le disais mardi, la très grande majorité des matières premières ont franchement le vent en poupe ces derniers temps. Mais le gaz naturel n’est pourtant pas de la fête.

Le prix du gaz (dit “Henry Hub”) a perdu près de 70% en 12 mois. Passant d’un point haut à 13 $ le mBtu* lorsque le baril de brut affichait un fier 147 $, à 3,15 $ le mBtu récemment.

Manifestement, le cours du gaz naturel est plombé par des fondamentaux peu convaincants.

Le ratio brut/gaz à des niveaux jamais vus depuis 18 ans
Si vous faites le ratio pétrole/gaz, vous constaterez que le pétrole est 18 fois plus cher que le gaz. C’est dire à quel point ce dernier est peu valorisé ! Il faut remonter à 1992 pour trouver un tel écart entre les deux énergies fossiles.

Actuellement, le gaz cote 4 $ sur le NYMEX à New York, contrat avril. En repli de 25% sur les deux dernières semaines !

Graphique de l'historique des cours du gaz depuis 10 ans

Source : barchart.com

Le graphique ci-dessus, qui retrace l’historique des cours depuis 10 ans, est intéressant. Car vous constaterez qu’après chaque pic se produit un contre-choc inverse tout aussi violent…

Mais venons-en aux fondamentaux
Incontestablement, la crise économique mondiale à laquelle nous sommes tous confrontés a porté un coup violent à la demande de gaz, qui a fortement reflué. Si la tendance long terme est haussière — la consommation de gaz a progressé de 41% en 15 ans –, à court/moyen terme, elle est en repli.

Les producteurs nord-américains n’ont pas su réagir promptement en baissant rapidement leur niveau de production, pour se caler sur la demande, soudainement en fort repli.

Abondance d’offre, effondrement de la demande, forcément le niveau des stocks s’est emballé…

Baisse de la demande et hausse des stocks
Selon le ministre de l’énergie américain, les stocks de gaz américain sont de 22% supérieurs à ce qu’ils ont été en moyenne sur les cinq dernières années. Et de 30% supérieurs au niveau du stock constaté à la même époque l’an passé — même tendance au Canada, autre très gros producteur de gaz.

Alors que le marché était l’an passé déficitaire, le niveau des stocks n’a cessé de croître depuis la fin de l’année 2008, à tel point que le marché est aujourd’hui excédentaire.

Les producteurs ont fini par réagir
Face à l’effondrement de la demande et au gonflement des stocks, les producteurs ont fini par réagir. Le nombre de puits — dont on extrait le gaz — encore actifs est tombé à 700. C’est un point bas absolu depuis 2002. Tous les autres “robinets” ont été fermés.

Pour vous donner une idée, à la même époque l’an passé, 1 900 puits étaient actifs et alimentaient le marché. Une division par trois presque !

Le graphique ci-dessous est flagrant. Il vous donne l’évolution de l’activité extractive aux Etats-Unis, pour les cinq dernières années. 2009 est en rupture totale :

Author Image for Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.