Zoom sectoriel – Energies

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I – Zoom sur une révolution en cours

Sur le papier, l’ouverture totale à la concurrence du marché énergétique européen est effective. En tant que particulier, vous pouvez désormais – comme les professionnels depuis 2004 – choisir votre fournisseur de gaz et d’électricité.

Une ouverture laborieuse !
Mais bon sang, que tout cela est laborieux ! Les acteurs historiques (à l’instar de France Télécom en son temps) ne semblent pas pressés de bouger.

En France, EDF vient de se voir remonter les bretelles par le Conseil de la Concurrence qui lui reproche de ne pas proposer d’offre compétitive aux opérateurs alternatifs…

Si notre Conseil de la Concurrence en est réduit à tancer le géant national, vous vous doutez que le législateur européen a du pain sur la planche !

De fait, Bruxelles connaît en ce moment une vraie pluie de procédures.

- Une enquête vient de s’ouvrir contre EDF et Electrabel, accusés de verrouiller les marchés français et belge ;

- Une autre, contre GDF et E.ON, concernant les prix du gaz russe acheminé par le pipe-line « Megal » ;

- Des actions ont déjà cours contre ENI en Italie, contre RWE en Allemagne…

Pas une semaine ne se passe sans que la Commission de Libéralisation du Marché de l’Énergie ne lance de nouvelles semonces, tandis que les fournisseurs alternatifs crient à l’arnaque.

La politique s’en mêle… ce qui complexifie le tout
Certains gouvernements ne se gênent pas non plus pour donner leur avis !

La Commission de Libéralisation veut imposer la notion de « séparation de la propriété » : pour garantir un marché concurrentiel, on interdirait aux groupes de détenir à la fois des installations de transmission (réseaux d’acheminement) et des installations de distribution de gaz ou d’électricité.

Or fin juillet, neuf états membres de l’UE, emmenés par la France et l’Allemagne et appuyés par leurs grands groupes nationaux (EDF, RWE, E.ON), ont vigoureusement plaidé contre cette disposition… Tandis que le Royaume-Uni, l’Espagne et la Suède, au contraire, la soutiennent.

Pour comprendre l’enjeu, oubliez l’opposition « libéraux vs champions du service public » ; concentrez-vous sur ce que les différents acteurs ont à perdre ou à gagner dans l’aventure : c’est-à-dire la transition d’un ensemble de marchés nationaux indépendants à un espace énergétique européen intégré.

La libéralisation de l’électricité… peut-elle vraiment marcher ?
« Bien sûr que non », vous répondront nombre de spécialistes français (culture EDF, quand tu nous tiens…). « Bien sûr que oui », rétorqueront les financiers, libéraux et nouveaux entrants sur ce marché prometteur.

Il faut pourtant reconnaître que plusieurs exemples ne plaident pas en leur faveur.

La baisse des prix consécutive à l’ouverture du marché, en 2000, a fait frôler la faillite à l’opérateur anglais British Energy ; et chez des convertis de longue date comme le Royaume-Uni (1990) ou la Suède (1996), les consommateurs ont surtout vu grimper leur facture.

La vérité ? Sans doute à l’entre-deux…

Les « premiers de la classe » n’en veulent pas
L’ouverture totale, c’est un pari d’avenir ; le seul, sans doute, qui puisse sécuriser l’approvisionnement à l’échelle de l’Europe entière (en multipliant les apports et les interconnexions)… mais à condition de sacrifier les bons côtés du service public à la réactivité – mais aussi à la volatilité – du libre marché. Et c’est bien là le problème !

Pour les bons élèves d’hier – ceux qui, forts de leurs surcapacités, se débrouillaient très bien tout seuls –, la pilule communautaire est dure à avaler… Et les avantages de la libre concurrence paraissent minces.

Il faut dire que l’électricité n’est pas une matière première comme les autres. Elle ne se stocke pas : aussitôt produite, il faut la consommer – ce qui fait du réseau de transport la clé de voûte de toute la chaîne, et bien entendu un monopole naturel.

Elle se transporte mal – du moins, avec des pertes proportionnelles à la distance parcourue. Et pour finir, en règle générale, tout le monde en veut en même temps : faible élasticité des prix par rapport à la demande, volatilité extrême…

Il faut avoir de l’argent, beaucoup d’argent…
Pour la produire et la distribuer dans de bonnes conditions, il faut des infrastructures gigantesques, qu’un groupe privé ne peut pas se permettre facilement de bâtir, d’entretenir de moderniser.

Prenons un exemple : en France, le MWh « de réserve » coûte à EDF environ 9 000 €, contre un prix moyen de 30/40 € le MWh… Quel acteur concurrentiel pourrait se permettre un tel écart ?

Cela suppose des investissements colossaux, sur des échelles de long terme – 40 ans et davantage – avec lesquelles le secteur privé n’est pas à l’aise… C’est la planification tarifaire, assurée par l’État, qui a permis de bâtir le parc nucléaire français et d’assurer notre indépendance électrique.

Bruxelles n’est pas du tout sur la même longueur d’ondes  !
A Bruxelles, l’enjeu des législateurs dépasse la seule problématique du gaz et de l’électricité. Il s’agit de bâtir des règles de marché à peu près homogènes et cohérentes, qui puissent s’appliquer à tous les secteurs de l’économie dans l’Union – et préparer l’avenir.

Dans le cas de l’énergie, difficile de remettre en cause le monopole des réseaux territoriaux de transport et de distribution… Mais en amont et en aval de la chaîne, la production, le courtage, la commercialisation doivent être ouverts à la concurrence, dans le souci du bien commun.

Les transporteurs doivent assumer le rôle d’un gestionnaire indépendant
Acheminant l’énergie de tous les producteurs à tous les distributeurs, avec transparence, au même prix pour tous… Mais il supporte aussi une essentielle mission de service public : garantir la continuité et l’homogénéité des approvisionnements.

Pour le gestionnaire de réseau EDF, par exemple, cela signifie : oublier un demi-siècle de liens organiques avec la production et la distribution ; et garantir une stabilité de service dans un contexte de prix dérégulés. Plus facile à dire qu’à faire…

La France et l’Allemagne protestent
Ils ont mis des décennies à rebâtir leurs infrastructures énergétiques démolies par la guerre ; ils y ont investi les milliards de leurs richesses nationales ; et ils les ont bâties selon d
es modèles intégrés (de la production à la distribution) que les directives actuelles leur demandent de remettre en cause… sans contrepartie visible.

Leurs réflexes nationalistes, leurs inquiétudes stratégiques, leurs enjeux électoralistes, tout les pousse à ne pas vraiment jouer le jeu : d’accord pour l’ouverture, à condition d’en profiter pour placer au mieux leur champion national – tout en tâchant de préserver en douce leurs atouts monopolistiques !

Les débats ne font que commencer
On en arrive à la situation actuelle : Bruxelles traque les oligopoles, ferraillant contre les opérateurs historiques. Ces derniers font la sourde oreille, avec le soutien plus ou moins affiché de leur gouvernement ; et les nouveaux entrants clament que les dés sont pipés.

A ces questions de transparence du marché se rajoutent les objectifs en matière de réduction des émissions de CO2, d’énergies renouvelables et de biocarburants. Ce sujet est source de pressions très fortes sur les législateurs par toutes les parties concernées : ministères nationaux, ONG, géants de l’énergie…

Autant dire que le « libre marché », que la directive européenne de 1996 appelait de ses vœux, est encore dans les langes ! A côté de ce qui se prépare, la dérégulation de la téléphonie pourrait bien ressembler à un pique-nique. Croyez-moi, on n’a pas fini d’entendre parler des négociations énergétiques en UE.

Il est déjà clair qu’on n’abolira pas l’ordre ancien d’un seul coup de baguette magique. Pour autant, le marché est en train de changer… Il y a là de superbes opportunités pour les investisseurs qui auront su repérer les leviers de la nouvelle donne.

Nous allons tâcher d’y voir plus clair.

II – Des opportunités ? Oui,  il y en aura. Reste à savoir qui va en tirer profit !

Si vous êtes particulier, surtout pas de précipitation !
Les plus ardents défenseurs du libre marché répètent à qui veut l’entendre qu’ouverture ne signifie pas forcément prix plus bas… ce qui devrait vous mettre la puce à l’oreille ! Si vous bénéficiez encore d’un contrat à tarif réglementé, mon conseil est de ne pas le laisser filer : c’est une chance qui se raréfiera jusqu’en 2010.

En bonne logique, votre facture « libre » dépendra davantage des fondamentaux – lesquels, pour le moment, sont à la hausse. C’est même la raison d’être de Matières à Profits ! [NDLR : Pour en savoir plus sur Matières à Profits de Sylvain Mathon et découvrir sa sélection des valeurs les plus prometteuses du secteur matières premières : agissez maintenant ! Il suffit de cliquer ici...]

Quand bien même les prix devraient baisser, les coûts de production électrique ne représentent qu’un quart environ de votre facture : le reste part dans les frais d’acheminement, dans les taxes, et dans la commercialisation (8%) où, là encore, vous pourriez faire jouer la concurrence.

Mais au bout du compte, le gain à espérer semble faible. Et il peut être absorbé par d’autres frais, qui dépendent directement de l’ouverture.

Si vous êtes un artisan ou une petite entreprise… il y a des avantages.
Vous pourriez trouver des avantages dans l’offre d’un prestataire alternatif, surtout si elle comporte ces services additionnels sur lesquels les nouveaux entrants fondent leur différenciation.

Par exemple, l’offre duale gaz/électricité ; la gestion du cycle de la chaleur pour les ateliers ; ou encore la négociation de prix de gros pour les groupements d’artisans, les collectivités, les industries multi-sites.

Si vous êtes un très grand industrielvous êtes à coup sûr gagnant !
Un géant comme la SNCF qui consomme à elle seule l’équivalent d’un million de professionnels –, alors vous avez beaucoup à attendre – mais aussi à risquer – de l’ouverture. Les coûts de production constituent l’essentiel (75%) de votre facture. Et les prix, même lissés en moyennes journalières, accusent encore des variations saisonnières de 200% à 300% !

Ces gros consommateurs français ont payé pendant trente ans leur électricité à des prix à peu près stables… alors que les tarifs étaient divisés par deux pour les particuliers.

Cela signifie que ces géants ont largement financé, avec l’État, la construction et l’entretien du parc électrique français. Ce sont eux, les grands gagnants de l’opération : en payant enfin leur énergie « au juste prix », ils vont réaliser de fortes économies, accroître leur compétitivité.

Mais une question se pose : qui va maintenant financer le réseau ? En France et en Allemagne, le renouvellement du parc devrait intervenir à l’horizon 2020 dans un contexte de marché totalement transformé. L’annonce du relèvement tarifaire survenue cet été s’inscrit dans ce contexte.

La volatilité va revenir sur le devant de la scène !
Suite à l’ouverture du marché, la volatilité des prix devrait faire un retour en force – pour le meilleur comme pour le pire. Les effets de lissage provoqués par les monopoles d’État vont tendre à disparaître.

Les professionnels payent leur consommation « en temps réel » – et ils représentent près de 70% du marché ! En la matière, la demande est reine : c’est à elle que l’on doit l’amplitude extraordinaire des cours au comptant du MWh.

A « prix coûtant », le MWh d’une centrale au charbon est estimé à 35/40 € en moyenne – et le MWh d’une centrale nucléaire, à 30/35 €. C’est donc la demande – en France, elle varie de 80% entre l’été et l’hiver – qui fait bouger les cours. Sur ce marché tendu, les flambées sont monnaie courante : les cours du pétrole, en comparaison, feraient presque figure de rase campagne !

Pendant la canicule d’août 2003, les installations hydro-électriques européennes se sont retrouvées en rade, les éoliennes en panne, les centrales limitées par la température critique des rivières.

Conséquence : le prix du MWh a touché sur Powernext des pics à 1 000 €, ou 2 000 € à Amsterdam. Durant les incendies de 2000 en Californie, on a enregistré des pics à 10 000 € le MWh… qui ont fait la fortune d’Enron !

Il va y avoir une financiarisation massive du système !
Les grands consommateurs tâcheront d’exploiter au maximum ces variations… mais aussi de se prémunir contre elles. Il leur faudra des vendeurs habiles, autant que des assureurs solides.

L’ouverture du march&
eacute; de l’énergie est indissociable d’une financiarisation massive du système dans son ensemble. Tel est bien le but que l’on recherche à Bruxelles, convaincu que le dynamisme du secteur et la multiplicité des contreparties sont les meilleures garanties pour le réseau européen à long terme.

Attendez-vous à voir des fortunes se bâtir dans la gestion financière de l’énergie.
Pour commencer, dans le courtage : négocier le MWh au meilleur prix, ou bien spéculer sur les variations des cours en fournissant aux consommateurs une essentielle contrepartie financière. Aux USA, des banques comme Goldman Sachs ou Morgan Stanley se sont fait une spécialité de cette activité – sans parler de la brebis galeuse, Enron.

Ensuite, dans l’arbitrage entre différentes énergies. Supposez, par exemple, que le cours du MWh s’envole, tandis que celui du gaz naturel est en retard… c’est un constat qui vaut de l’or pour un investisseur avisé. Aux USA, un fonds piloté par Texas Genco a pu engranger 4,5 milliards de dollars en un an et demi sur une telle stratégie.

Enfin, sur le marché de la dette : le secteur cumule deux caractéristiques – investissements massifs et forte volatilité – qui rendent nécessaire un fort soutien financier. C’est d’autant plus vrai dans le cas des purs fournisseurs : ne disposant pas de production en propre, ils ne sont pas couverts contre les fluctuations du marché.

Le gratin de la finance moderne a déjà pris position sur le juteux marché de la finance énergétique.
Banques d’affaires – le nombre de « power traders » aux USA a triplé entre 2003 et 2005 –, hedge funds, très actifs sur les marchés comme le Nymex ou Powernext, mais aussi sociétés de private equity (capital-investissement), des spécialistes d’opérations de court terme (rachats à effet de levier ou LBO) qu’elles cherchent à couvrir par des placements « de tendance » dans le marché de l’énergie… tout le gratin de la finance moderne a déjà pris position sur ce juteux marché.

Leur soutien a permis à une poignée de nouveaux entrants de faire leurs premiers pas en France.

Poweo, Direct Energie et Altergaz…
POWEO (FR0004191674), emmené par le dynamique Charles Beigbeder avec l’appui de l’opérateur historique autrichien Verbund, met en avant ses achats de gros et ses infrastructures de production en propre. POWEO vient d’enregistrer un CA en hausse de +31% au premier semestre.

DIRECT ÉNERGIE (non coté) existe depuis 2003 : ce fournisseur indépendant, qui joue sur la mutualisation des achats, est financé entre autres par des fonds « private equity » de BNP, du CIC et du Crédit Agricole – et, plus récemment, par Louis Dreyfus, l’un des grands gagnants de la dérégulation téléphonique.

Enfin, ALTERGAZ (FR0010047928), fondé par deux anciens de GDF, est le premier acteur privé de la fourniture de gaz sur le marché français. Le groupe vient de céder 27,8% de son capital à l’Italien ENI.

III – Qu’en est-il du gaz ?

A la différence des électrons, le gaz se stocke… et tout le monde ne peut pas en produire. Il faut pour cela des ressources. Quelques chiffres suffisent à résumer la situation du marché, qui est très simple : l’UE n’a quasiment plus de gaz naturel ; les champs de Mer du Nord sont déjà surexploités. Aujourd’hui, nos importations de gaz proviennent à 40% de Russie, à 30% d’Algérie et à 25% de Norvège.

L’enjeu est d’abord russe
D’ici à 2030, nos importations proviendront à plus de 60% de la seule Russie. Et l’Union dépendra à plus de 80% de l’extérieur pour sa consommation d’hydrocarbures.

La situation s’est rappelée au souvenir de nos dirigeants en janvier 2006, lors du conflit entre l’Ukraine et la Russie. En l’espace de quelques années, le gouvernement Poutine a repris en main l’essentiel des ressources russes – liquidant au passage quelques oligarques, certes pas toujours présentables.

A des fins peut-être légitimes, mais par des moyens musclés, Poutine a constitué un véritable empire autour du géant Gazprom, qui contrôle à lui seul 70% de la production nationale. (Notez aussi que la Russie n’est pas la dernière à s’en aller planter de petits drapeaux sur les banquises du pôle, à l’heure où les gisements arctiques, dans les zones extra-territoriales, suscitent les convoitises.)

Notre ami  « Poutine »….
L’avenir du marché du gaz en UE passe donc par la Russie – ce qui veut dire, pour le moment, par « notre ami » Poutine. L’UE essaie bien de présenter un front uni, mais elle a beaucoup de mal à y parvenir. Par vocation, Bruxelles est attachée aux grands principes – écologie, droits de l’homme, liberté d’expression –, ce qui fait revenir sur le tapis beaucoup de sujets qui fâchent.

Pendant ce temps, les dirigeants de l’Union, plus pragmatiques, s’empressent de cultiver leurs bonnes relations avec le personnage.

… En conséquence, les clés du marché gazier européen tiennent dans la diplomatie. Il faudra rester très attentif aux annonces en provenance des ambassades.

IV – Dans l’électricité, la taille sera une question de survie : les consolidations sont inévitables

Le marché de l’électricité, quant à lui, se jouera sur deux paramètres. Il y aura, d’une part, les tractations entre Bruxelles et les grands pays de l’UE, Allemagne et France en tête.

Il y aura, d’autre part, la solidité financière d’un système libéralisé, où les États, comme par le passé, ne pourront plus jouer les pompiers (la canicule d’août 2003 aura coûté quelque 335 millions d’euros à EDF).

La crise du subprime peut se révéler un frein. En cas de fuite des liquidités, les premiers touchés seront les nouveaux entrants, les fournisseurs alternatifs, par exemple : dans des conditions de financement plus tendues, ils risquent fort de n’avoir pas les reins assez solides pour encaisser la volatilité.

Au Royaume-Uni, 17 ans après l’ouverture, les purs fournisseurs ne représentent plus que 2% du marché. La recomposition du secteur a été douloureuse…

La protestation de l’Allemagne et de la France a du sens
Il n’y a pas de mystère : dans un environnement volatil, la taille est une question de survie ; les économies d’échelle, un outil clé ; la concentration verticale, un atout.

Bruxelles a beau batailler contre les oligopoles, la protestation de l’Allemagne et de la France a du sens : la séparation artificielle entre un réseau de transport/distribution et d’autres activités « ouvertes » a quelque chose d’un compromis dont on peut, au moins, contester la pertinence.

Je ne sais pas ce qui ressortira des négociations. Mais une chose est sûre : si Bruxelles remplit son office en s’efforçant de protéger les nouveaux entrants, à te
rme, l’avenir du secteur est aux consolidations.

N’oubliez pas : la clé de tout, c’est le réseau !
Encore un mot, plus prospectif : vous l’avez compris, en matière d’électricité, la clé de tout, c’est le réseau – dévolu normalement aux autorités de régulation territoriales. N’oubliez pas que la défaillance d’une seule maille peut chambouler complètement toute la loi de l’offre et de la demande !

Que la moindre brèche s’ouvre dans les directives de Bruxelles, et vous verrez les privés se ruer sur cette manne. C’est avec une telle stratégie – le contrôle du réseau ADSL – que le groupe Louis Dreyfus (Neuf Cegetel) a bâti en quelques années un empire de l’offre triple play en matière de communication. Les années qui viennent s’annoncent mouvementées…

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Sylvain Mathon

En tant qu'analyste technique au sein d'une équipe spécialisée, Sylvain Mathon a conseillé pendant près de dix ans de grandes salles de marchés sur les matières premières et l'énergie. Mais pour bien comprendre les matières premières, ce n'est pas dans une salle de marché qu'il faut être, mais bien sur le terrain, là où l'on cherche, extrait, transforme et consomme des matières premières.