Gold save the queen

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Il existe une variété de pièces d’or que l’on trouve aisément en France, bien qu’elles n’aient jamais circulé chez nous. Il s’agit du Souverain.

Cette pièce britannique dont le nom date de 1489, a acquis une notoriété mondiale qui tient en grande partie au fait qu’elle circula dans tout l’Empire britannique, et fut même frappée, toujours au même type, dans d’autres pays que le Royaume-Uni.

La définition de la pièce que l’on rencontre aujourd’hui fut fixée en 1816 par le great recoinage. Elle est donc d’un poids de 7,322 grammes et son titre est de 22 carats. Sur le marché international, deux types sont régulièrement cotés : les souverain et demi-souverain.

Typologie
Depuis 1816, le type de ces pièces est toujours le même.

  • L’avers porte le portrait du souverain régnant. Vous pouvez donc en trouver avec les portraits de Georges III, Georges IV, Guillaume IV, Victoria, Edouard VII, Georges V et Elizabeth II. Notez néanmoins que, contrairement à de nombreux autres pays, le Royaume-Uni a adopté une politique assez originale en matière de portrait des souverains sur les pièces de monnaie : à chaque changement de roi, le sens de la tête est inversé. Ils regardent donc alternativement à gauche ou à droite. En revanche, cela ne s’applique pas lorsqu’il ne s’agit que de modifier, compte tenu de son âge, le portrait d’un même souverain.
  • Le revers de ces pièces offre une représentation de saint Georges sur un cheval cabré à droite terrassant un dragon. Elle est due au graveur Benedetto Pistrucci. Le millésime est placé au dessous. Une caractéristique particulière : contrairement aux autres monnaies d’or de la même époque, ils ne portent aucune valeur faciale.

Image du Souverain I

  • On estime qu’un milliard de ces pièces fut frappé ; mais cela ne signifie pas qu’il en reste autant en circulation car, pour frapper de nouveaux modèles, la Banque d’Angleterre avait l’habitude de refondre les pièces aux types plus anciens.

En sus, de grandes quantités de ces pièces furent transférées vers les Etats-Unis dans le cadre de paiements internationaux et lorsque, en 1933, la détention d’or par des particuliers fut interdite par la loi américaine, elles furent envoyées à la fonte et transformées en lingots pour la Réserve fédérale.

Jusqu’en 1933, en sus de ceux fabriqués à Londres, des souverains furent émis dans différents ateliers monétaires de l’Empire : en Australie à Melbourne, Sidney ou Perth ; en Inde, à Bombay ; au Canada, à Ottawa ; ou en République sud-africaine, à Pretoria. Puis la production cessa en même temps que s’interrompit le cours légal de ces monnaies, pour reprendre de 1957 à 1982.

Image du Souverain II

Quel potentiel pour ces pièces ? Mon conseil
Mon premier conseil : les investisseurs s’intéresseront plutôt aux monnaies frappées aux types de Georges V (Georges VI ne régna pas assez longtemps) et Elizabeth II, et uniquement à celles frappées au Royaume-Uni, les autres pouvant être porteuses de surprimes numismatiques importantes.

Notez que, de 1982 à 1999, cette monnaie ne fut frappée qu’en qualité “épreuve” (reliefs mats sur fonds brillants) pour les collectionneurs, et donc commercialisées à des prix très largement supérieurs à ceux des bullions.

Depuis 2000, la Royal Mint (monnaie royale britannique), qui a quitté Londres pour s’installer à Llantrisant au Pays de Galle, frappe à nouveau ces pièces en qualité bullion. Notez qu’une nouvelle dénomination dite “quart de souverain” a vu le jour (2 grammes). Mais il est encore trop tôt pour dire quel avenir, en termes de valeur de placement, aura cette pièce.

Une nouveauté et une rareté : en 2012, le revers du souverain à ce millésime est modernisé, présentant un saint Georges très stylisé. En 2013, un souverain spécial frappé uniquement le 2 juin 2013, symboliquement à 2013 exemplaires, pour commémorer le soixantième anniversaire du couronnement de la reine Elizabeth II.

Saint-Georges I

Qualités et millésimes
Comme pour les monnaies de placement, trois éléments vont être croisés pour en déterminer la valeur :

  • le millésime ;
  • l’atelier ;
  • et l’état.

Les deux premiers vont vous permettre d’avoir accès aux informations relatives au tirage des pièces. Le troisième est essentiel car, selon l’état, la pièce pourra n’avoir pour valeur que celle de son poids d’or (la “casse”) ou correspondre à la qualité requise du cours. Pour se faire une idée des potentiels de gains sur ce marché, on peut utilement consulter par exemple le site www.goldsovereigns.co.uk.

Notez à ce sujet que l’on rencontre de plus en plus de ces pièces placées sous scellé transparent fermé portant le descriptif de la monnaie et sa qualité (grading). Si on n’ouvre pas le scellé on peut être certain qu’il n’y aura pas de discussion quant à l’état. Mais la contrepartie est que ce type de service est facturé cher (15£ en Grande-Bretagne), ce qui rend la valeur de placement moins attractive.

Mon conseil : il n’y a pas véritablement de millésime rare pour les souverains et demi frappés à Londres. Alors, faites vous plaisir, essayez d’acquérir des types différents. Leur prix sera le même, mais la série moins monotone.

Attention aux contrefaçons !
En 1957, la production de souverain, qui avait cessé en 1932, reprend. Pourquoi ?

Parce que, compte tenu de la très forte demande mondiale, des faussaires d’Italie (en particulier de Milan) et de Syrie inondent le marché de leurs contrefaçons. Il faut dire que cette monnaie joua un grand rôle dans la politique extérieure britannique au Moyen-Orient et servit très largement à influencer personnes et gouvernements.

A ce propos, il faut savoir qu’entre 1949 et 1951 la Royal Mint refrappa tout à fait officiellement des souverains au millésime… 1925. Il est impossible de les distinguer de ceux réellement frappés à cette date. Ne jetons pas la pierre aux Britanniques car la Monnaie de Paris en fit de même avec des pièces de 20 francs “au Coq”.

Les marques des ateliers de fabrication
Comme nous l’avons indiqué, outre la fabrication de cette monnaie à Londres, d’autres ateliers fonctionnèrent dans l’Empire britannique.

Une lettre gravée au revers entre le dragon et la date d’émission symbolise chacun de ces hôtels des monnaies :
Londres – pas de marque
Sydney – S (1855-1926)
Melbourne – M (1872-1931)
Perth – P (1899-1931)
Ottawa – C (1908-1919)
Bombay – I (1918)
Pretoria – SA (1923-1932)

De très petite taille, cette marque est parfois difficile à trouver lorsque la pièce est usée.

Saint-Georges II

Les caractéristiques
On trouve donc de nouveaux portraits à chaque fois que l’on change de souverain mais, en sus, certains d’entre eux ont fait évoluer le leur au fur et à mesure de leur avancée en âge. On en rencontre ainsi, sur les souverains et demi-souverains “classiques” : 2 pour Georges IV, 4 pour Guillaume IV, 4 pour la reine Victoria, 2 pour Georges V et 3 pour Elizabeth II.

Type Souverain Demi-souverain
Poids 7,9881 grammes 3,9940 grammes
Titre 917 917
Diamètre 22,05 mm 19 mm

L’alliage couramment utilisé allie une petite quantité de cuivre à l’or pur. Deux raretés en la matière : les tous premiers souverains frappés en Australie utilisèrent un alliage or/argent, comme ceux émis à Londres en 1887. De ce fait, elles sont un peu plus jaunes que les autres.

Victoria

Les souverains de James Bond
Dans Bons baisers de Russie, James Bond se voit remettre une ceinture contenant, dans une cache secrète, 50 souverains d’or. Ces pièces ont été récupérées par d’habiles numismates professionnels qui profitent de cette notoriété particulière pour les commercialiser à des prix prohibitifs.

Si la numismatique et les pièces vous passionnent, retrouvez notre rubrique consacrée à l’or physique sous toutes ses formes dans L’Investisseur Or & Matières.

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Bruno Collin

Bruno Collin est en charge de la rubrique numismatique au sein de L'Investisseur Or & Matières. Il connaît le marché des pièces sous tous ses aspects (économique, historique, iconographique, technique et bien sûr investissement et objets de collection), et vous conseillera pour que vous puissiez investir en tout connaissance de cause sur les pièces en or, mais aussi en argent ou en platine.

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