Bison futé a inventé une couleur pour décrire les embouteillages de l’été.
Bien entendu il y a le week end du 28 juillet classé rouge et celui de l’ascension, qui ont peut être laissé un gout d’amertume chez certain. Mais l’embouteillage dont je voudrais vous parler aujourd’hui a été bien plus important. Il n’est pas autoroutier, il est financier.
La période estivale a vu le départ d’un grand nombre de banques du marché des matières premières. Il y a eu bousculade au portillon… Détalant telle une foule de Pampelune devant un lâcher de taureaux, les banques ont bradé à qui en voulait, leurs activités d’achats de matières premières physiques.
Ainsi JP Morgan s’est délestée de son desk matières premières en organisant son spin off, pourtant racheté il n’y a pas si longtemps à divers groupes comme RBS Sempra Commodities (métaux), Bear Stearns (électricité) ou encore UBS (énergie). Au total, des milliards de dollars avaient été dépensés pour atteindre une masse critique sur ce marché. La banque possédait par exemple assez de contrats sur l’électricité pour alimenter un Etat de la taille de l’Indiana (6,5 millions d’habitants). L’annonce de la vente a donc été une grande surprise.
Il faut reconnaître que JP Morgan est le symbole d’une tendance amorcée depuis quelques mois. Goldman Sachs a mis en vente il y a quelque mois Metro International Trade Service, son activité de stockage de matières. De même, Morgan Stanley essaie depuis des mois de vendre TransMontaigne, son activité de pipeline et de terminaux pétroliers.
La première explication à ce départ semble être la menace règlementaire qui pèse sur ces activités. Depuis 2003, la FED autorise les banques à intervenir sur le marché physique des matières premières. En 2008, la FED a élargi encore un peu plus le champ d’intervention des banques en autorisant leur entrée dans le raffinage et la transformation. En 2013, la FED pourrait bien revenir sur son autorisation. Mais la principale explication est tout autre : les banquiers fuient les ours. Le Bear market dans lequel évoluent les commodities agit effectivement comme un repoussoir Ce qui frappe devant un tel comportement, c’est le caractère moutonnier de ces banquiers, pour continuer la comparaison animalière. Ce départ en masse est-il le résultat d’une analyse partagée, ou d’une même incompréhension devant le marché des matières premières ? J’opterais pour la seconde option.
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Les banquiers sont-ils compatibles avec les matières ?
Le marché des matières n’est plus, depuis longtemps, un commerce entre fermiers et consommateurs, ou mineurs et industriels. Les banquiers sont indispensables au financement de la mine ou du forage pétrolier. Pourtant, plusieurs indices ont laissé penser ces derniers temps que les banquiers ne sont pas faits pour les matières.
Début juillet, la banque Barclays a été condamnée à payer une amende de 470 millions de dollars. Sa faute ? Avoir manipulé le marché de l’électricité californien. Dans les semaines à venir, JP Morgan pourrait également être condamné pour les mêmes raisons.
Dans le même temps, JP Morgan, Goldman Sachs et Glencore Xstrata, pourraient être poursuivis pour avoir manipulé les stocks d’aluminium du LME. Alors qu’un consommateur d’aluminium comme Coca-cola doit payer les frais de stockage, les banquiers se seraient organisés en trust afin de retenir le plus longtemps possible l’aluminium dans les hangars. Des sénateurs Américains sont en train de se pencher sur la question. De nouvelles amendes pourraient tomber.
On s’aperçoit que les pratiques des banques sur les matières premières sont actuellement sous les feux des projecteurs. Plus important encore, le mouvement de désengagement des matières témoigne à mon avis surtout d’une totale incompréhension de ces marchés.
Un supercycle de 10 ans ?
« Il est ridicule de parler de la fin d’un supercycle qui a commencé il y a seulement 10 ans. Les cessions des banques et les pertes des minières sont typiquement le type d’histoires qui s’accumulent à la fin d’un mouvement baissier ». L’analyse de Dennis Gartman, investisseur renommé des matières premières, pointe bien du doigt le problème. Les banques ont perdu leur capacité à analyser un marché sur le long terme. Habituées à une succession de cycles courts, le monde des matières leur reste obscur.
Le gouffre qui sépare ces acteurs des acteurs traditionnels du marché saute aux yeux si l’on regarde le nombre d’entreprises qui se sont montrées intéressées par la reprise des activités de JP Morgan, Stanley Morgan et de Goldman Sachs. Ainsi, les négociants internationaux comme Vitol et Mercuria seraient acheteurs, ainsi que la banque brésilienne BTG Pascual et l’australienne Macquarie. On parle également beaucoup du négociant hongkongais Noble, qui ne fait pas mystère de son ambition dans le commerce de métaux et d’énergie.
Tous ces acteurs sont depuis longtemps dans le commerce des matières premières. Ils savent profiter des cycles bas pour se positionner à nouveau. Or il semble bien que 2013 soit un bas de cycle. Comme le résume Jake Greenberg, spécialiste des métaux et des mines chez Jefferies, « si vous investissez aujourd’hui sur le thème de la fin du supercycle, vous êtes peut être un peu en retard pour vendre à la baisse les actions des minières ».
Mon conseil
La rentrée qui se profile est l’occasion pour les investisseurs de faire évoluer leur stratégie. Certaines matières méritent actuellement qu’on s’y intéresse de nouveau. La chute de 20 ou 30% depuis 2012 de certaines matières vient de prendre fin.
Edmen. Matières à profits a repéré une de ces valeurs injustement sabrées par les investisseurs. Leader des applications sur le graphite qui ont particulièrement soufferts du ralentissement chinois, elle sera en première ligne pour profiter de son come back. Avec une croissance de 9,7% de l’industrie chinoise en juillet, cette valeur également présente sur les applications High tech voit actuellement s’ouvrir devant elle un boulevard. Retrouvez plus de détails dans Matières à profits
Je reviendrai dans les semaines à venir sur les matières qui sont les plus susceptibles de rebondir. Attention, certains métaux resteront déprimés encore longtemps.
Bon investissement
Florent Detroy




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