The Wheather channel, la chaîne métrologique américaine, prévoit 28°C à Indianapolis en milieu d’après-midi.
Il n’y a pas que dans les villes françaises que les cabaretiers profitent de terrasses bondées en ce début septembre. Les habitants de l’Indiana peuvent depuis quelques jours profiter à leur tour des rayons du soleil qui s’attardent sur le nord des Etats-Unis.
Le problème, c’est que cette région est également appelée la Grain Belt, la partie des Etats-Unis dont proviennent 50% des céréales et la majorité du soja américain.
Titre : La Grain Belt, à cheval sur les Etats de l’Ohio, l’Indiana, l’Illinois, le Missouri et l’Iowa
La Corn Belt, la ceinture de maïs, est également touchée par ce temps sec. Joel Widenor, le météorologiste du consultant Commodity Weather Group, estime que “que le pire de la sécheresse englobe 40% de la Corn belt“.
Cette vague de chaleur qui balaie le pays commence à sérieusement inquiéter les agriculteurs américains, déjà échaudés l’année dernière par une sécheresse ravageuse. En particulier, la situation semble préoccupante pour le soja.
Les semis record n’aident pas
Tout avait pourtant si bien commencé. Depuis le printemps, les analystes ne cessaient de souligner le record des semis aux Etats-Unis, et les bonnes récoltes attendues en Amérique du Sud et dans la région de la mer Noire. Pas même un petit ouragan ce mois-ci n’aura perturbé les cours du jus d’orange ou du gaz naturel, contrairement aux années précédentes.
Mais en fin de mois, les investissements ont finalement été pris par un vent de panique, cette fois devant l’absence de pluie. Résultat, les prix, à leur plus bas de l’année début août, viennent d’enregistrer une hausse de 20% sur le CME de Chicago. La raison est simple, le temps est trop sec. Selon le service météorologique T-Storm Weather, rapporté par Les Echos, les Etats de l’Iowa, de l’Illinois et de l’Indiana auraient connu le mois d’août le plus sec depuis 1897. C’est d’autant plus grave que les cultures de soja traversent actuellement le “wheather market”, la période pendant laquelle le moindre dérèglement climatique affecte les récoltes alors en plein développement.
Vers les 18 $ le boisseau ?
La récolte est déjà en retard de deux semaines. Pire, elle pourrait déjà avoir été endommagée. Fin août, l’USDA, le département de l’Agriculture américain, a révélé que 58% des cultures de soja étaient en bon ou excellent état. Le taux était de 62% une semaine auparavant. Dans les jours à venir, les analystes craignent que cette vague de chaleur ne se déplace vers l’Iowa, autre grand Etat producteur, et n’affecte sa production. On prévoit 39°C vendredi à Des Moines, la capitale de l’Iowa. Or les fondamentaux du soja sont particulièrement fragiles, puisque les stocks n’ont pas encore retrouvé leur niveau de 2011. Ils sont mêmes aux plus bas depuis neuf ans.
C’est cette addition de mauvaises nouvelles qui a fait prédire à certains analystes une poursuite de la hausse des cours, peut-être vers leur précédent record de 2012 proche des 18 $ le boisseau.
Titre : Prix du boisseau de soja à Chicago
Qui seront les perdants en cas de sécheresse ?
Les premiers inquiets de cette tendance sont bien entendu les consommateurs directs de soja, au premier rang desquels les élévateurs de bétail et surtout de volaille. Depuis un an les cours des producteurs de volaille Sanderson Farms (SAFM : Nasdaq) ou encore de Tyson Foods (TSN : NYSE) ont décollé, respectivement de 45% et 81%, profitant de la hausse de la demande et des bas prix du soja. La poursuite du rally des cours ne manquera pas de rogner les marges de ces producteurs.
Toutefois le graphique ci-dessus nous montre bien qu’il reste encore un peu de chemin à parcourir avant que les cours n’atteignent ne serait-ce que leur plus haut de l’année. Paul Aho, analyste chez Poultry Perspective, a raison de souligner que c’est encore “l’incertitude” qui domine les marchés, et non pas la panique.
Mon conseil
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. En cas de nouvelle flambée des cours, ce seront les producteurs de soja en Amérique du Sud qui seront les premiers bénéficiaires – et dans Défis & Profits, Cécile Chevré a mis en portefeuille un leader de la production de soja en Amérique du Sud. Une valeur qui a attiré l’oeil – et les investissements – de George Soros.
L’autre solution plus directe est d’investir sur les spécialistes de l’irrigation. Ces quelques acteurs sont dotés des technologies les plus modernes pour pallier aux aléas climatiques. Matières à Profits s’est positionné l’année dernière sur le seul pure-player de l’irrigation aux Etats-Unis. Après avoir profité d’un bond de 30% lors de la sécheresse de 2012, la poursuite de la sécheresse de la Grain Belt pourrait à nouveau faire bondir ce titre unique.
Bon investissement.



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