‘Je comprends rien… on n’est plus en crise ?’
‘Mais si ! On imprime sans cesse de nouveaux billets, nous sommes condamnés à l’inflation monétaire.’
‘Alors explique-moi pourquoi l’or est si bas, c’est pas une valeur sûre contre l’inflation ?’
‘Euh, à vrai dire j’en ai aucune idée…’
C’est justement pour cette raison que je vous parle aujourd’hui.
Le cours de l’or est en baisse alors que le dollar faiblit, étrange…
Mais cela ne m’effraie pas, au contraire ça me rend fou de joie. C’est une opportunité en or.
Le désastre du business de l’or
La hausse du cours de l’or avait entraîné une hausse des prix de production et avait poussé des compagnies minières à entreprendre des explorations plus risquées et coûteuses.
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C’est en septembre 2012 que le début de la chute de l’or commença.
A partir d’avril 2013, la baisse des prix se faisait vraiment ressentir et de nombreuses mines qui n’étaient plus rentables ont du fermé.
Voilà ce que dit un article paru dans Bullion Vault le 28 juin 2013, “En Australie, deux mines d’or ont fermé car leur propriétaire respectif, Tanami Gold et Focus Minerals, ont affirmé qu’elles ne sont plus rentables aux cours actuelles de l’or. Le projet Coyote de Tanami et le site Laverton de Focus comptent pour 125 000 onces d’or à eux deux.” Plus tard dans le même article, vous lisez que 15% des mineurs internationaux étaient non rentables.
Rupert Hargreaves, membre du Motley Fool Blog Network, estime que Barrick Gold ne gagne pas d’argent sur les mines en Australie en raison de la hausse des prix de production.
Aujourd’hui l’or cote 1 275 $ par once et beaucoup de mines sont en rouge.
Produire de l’or est-il encore rentable ?
Maintenant jetons un coup d’oeil au coût de production (‘cash cost’) moyen des 50 plus grandes mines répartis chez six pays/continents.
Attention ! Le coût de production (cash cost) ne représente pas les dépenses totales pour chaque once extraite. Il faut aussi y ajouter le prix du maintien du capital, la construction, la prospection, les salaires des cadres dirigeants et les taxes. Un cash cost bas ne veut pas forcément dire que le coût total d’une minière est faible.
Et bien sûr, quand on parle du coût de production moyen dans un pays, on fait une moyenne de toutes les mines qui ne sont pas toutes pareilles. Une caractéristique importante est l’accessibilité : la géographie du lieu et la profondeur à laquelle il faut aller pour obtenir la roche riche en or (entre moins de 1 et 5 grammes par tonne de roche.)
Sur le graphe la moyenne du coût de production en Afrique est très haute en raison de réserves très profondes et donc difficiles d’accès.
Pav Jordan, un journaliste du secteur minier, a reporté dans un article du The globe and mail, le 16 avril 2013, qu’IAG dépensait au total 1 417$ par once extraite dans une mine en Afrique du Sud. Le prix de l’or était à 1 361 $ par once…
On estime maintenant, d’après une étude de Kitco, que les 10% des mines les plus chères dépensent en moyenne 1 010$/once en production seulement.
Par exemple la mine South Deep, appartenant à Gold Fields, coûte 1 075 $ par once produite, difficile de se faire un profit quand la marge est si faible.
Du désastre au salut
Cette chute des prix de l’or s’est traduite par l’arrêt des explorations, la fermeture des mines à bas rendements.
Seules les mines qui ont su s’adapter à cette baisse des prix, en réduisant leurs dépenses, ont réussi à survivre et encore, la lutte continue. Eldorado Gold a dû couper dans ses dépenses d’investissement de 35% pour compenser la baisse des prix.
Dans un article de Bullion Vault paru le 12 Mars 2013, Joachim Berlenbach, conseiller du groupe d’investissement Suisse dans les matières premières, nous explique ce que les compagnies minières en Afrique font pour réduire leurs dépenses et tenter de conserver leur marge.
La première étape stoppe net toute dépense d’exploration.
La seconde étape consiste à réduire la production sur quelques années.
La troisième étape est l’arrivée d’un nouveau groupe de PDG après avoir viré les derniers. Ces derniers se focaliseront sur la réduction des coûts de production.
Une façon de procéder est le high-grading qui consiste à extraire l’or qui est de la réserve qui est le plus en surface (plus facile à extraire et moins coûteux), mais cette technique ne peut durer qu’un ou deux ans avant que la réserve ne s’écroule et que le coût de production s’envole à nouveau.
Donc les mauvaises mines ont ou vont faire faillite et les mauvais managers ont été licenciés. La survie d’une entreprise minière dépend maintenant de sa production annuelle et de sa capacité à réduire les dépenses à un minimum, ce qui est réalisable grâce à une meilleure organisation (un bon manager).
Qui seront les grands perdants… et les grands gagnants ?
Les juniors (jeunes compagnies minières) sont les plus fragiles, comme le dit Peter Koven dans le Financial Post, ‘Les plus mal placées sont les petites minières avec des coûts élevés, des dettes élevés et une liquidité limitée.’
Ces dernières (séduites par des prix en hausse quasi continue depuis 10 ans) se sont ruées vers l’or sans trop y réfléchir et se retrouve maintenant dans un véritable pétrin financier.
Il y a bien sûr des exceptions comme certaines entreprises de prospection qui ont réussi à lever des capitaux avant la baisse et maintenant se reposent en attendant que la tempête se calme.
Toutefois à l’avenir, moins de producteurs et plus de marges vont faire décoller les cours lorsque la demande sera à nouveau de retour.
Lorsque les gens auront réalisé que nous sommes dans une inflation monétaire incontrôlable (le dollar perd en valeur et Bernanke n’arrêtera pas la planche à billets), ils se réfugieront vers l’or. La demande va repartir et les entreprises, mieux structurées, verront leurs bénéfices progresser plus vite que l’or.
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Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 05/07/2013 |
Vendredi 19/07/2013 |
Variation hebdomadaire |
|
En $ |
En $ |
En % |
|
| Aluminium | 1 786 | 1 816 | -0,85% |
| Cuivre* | 6 841,50 | 6 924 | -0,23% |
| Plomb* | 2 045 | 2 053 | -0,44% |
| Nickel* | 13 600 | 14 035 | 3,01% |
| Etain | 19 725 | 19 595 | 0,51% |
| Zinc* | 1 838 | 1 866 | -1,48% |
| Acier | 160 | 140 | -9,68% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
102,93 | 108,23 | 2,67% |
| Or (spot Comex) | 1 227,40 | 1 323 | 3,18% |
| Argent spot Comex) | 19,01 | 20,37 | 2,98% |
| Platine (spot Comex) | 1 330 | 1 442 | 2,34% |
| Palladium (spot Comex) | 676 | 748 | 3,46% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
6,61 | 6,64 | -0,90% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
4,92 | 4,95 | -1,20% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
12,33 | 12,78 | 2,08% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois




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