Pourquoi une SCPI est le meilleur moyen d’investir dans l’énergie verte

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Critiqué et vilipendé, le marché des énergies renouvelables n’en reste pas moins un secteur qui continue de se développer. Le plus impressionnant avec ce marché est peut-être la rapidité de son développement. Selon le site GreenTech Solar, les deux tiers des panneaux photovoltaïques installés dans le monde l’ont été depuis janvier 2011. Or, la poursuite de la chute des prix va accélérer l’installation de nouvelles capacités. Tout simplement, les capacités installées devraient doubler dans les 2,5 années selon le consultant GTM Research.

 

Installations cumulées de panneaux photovoltaïques dans le monde, 2001-2015


Source GTM Research

Les statistiques américaines sont à peu près similaires aux prévisions de GTM Research. Si la majorité de ses panneaux photovoltaïques a été installée depuis 2011, d’ici 2015 ses capacités vont augmenter de 200%. Dans le monde, les énergies renouvelables deviennent également de plus en plus accessibles.

Ainsi au Japon on s’attend à une surchauffe du marché du solaire, et en Inde ce ne sont pas moins de 20 GW qui devraient être installés d’ici 2020. Pour l’année 2013, les capacités solaires installées devraient progresser encore de 20% selon Bloomberg New Energy Finance. Et d’ici 2030, le solaire devrait représenter 17% de l’électricité installée dans le monde, et l’éolien 16%, contre moins de 5% actuellement.

Si je vous parle aujourd’hui du solaire ou des énergies renouvelables, ce n’est pas pour le plaisir de prendre à rebrousse-poil les idées reçues sur ce marché. Je considère que leur situation est particulièrement éclairante, sans mauvais jeu de mots, sur l’état des nouveaux marchés des énergies vertes. Le besoin d’installer l’économie dans un mode de développement durable est devenu fondamental ces dernières années, et cette tendance a ouvert une quantité d’opportunités d’investissement.

Si le marché des producteurs a été le premier à en profiter, avec des croissances de 150% pour SunTech ou encore de 366% pour Vestas (producteur de turbines d’éolienne) entre 2006 et 2008, les opportunités se sont déplacées. Toute la difficulté aujourd’hui est de savoir les repérer.

L’investissement vert décolle
Une SCPI est une société civile de placement immobilier, soit une structure d’investissement de placement collectif. Son objectif est d’acquérir et de gérer un patrimoine immobilier, dont les revenus locatifs ou les avantages fiscaux sont redistribués aux porteurs de parts. Aux Etats-Unis, les SCPI bénéficient d’une exemption d’impôts sur la société, ce qui en fait un placement particulièrement intéressant. Pour être considéré comme une SCPI toutefois, il faut que 90% des impôts exemptés soient reversés aux porteurs de parts.

Avant d’en arriver aux SCPI, il faut savoir que les compagnies productrices de panneaux solaires ou de turbines d’éoliennes ont déjà commencé à se développer en aval. Ainsi First Solar ou encore SunPower ne se sont pas contentés de produire des panneaux photovoltaïques, mais ont créé des projets de parcs de panneaux solaires qu’ils espèrent vendre clé en main.

L’avantage est que ces transactions bénéficient d’exemptions de taxes, ce qui attire les investisseurs qui ne sont pas spécialistes du secteur. Un des plus importants fonds d’investissement, Berkshire Hathaway, le fonds de Warren Buffett, est ainsi rentré sur le solaire ces dernières années. Lorsqu’il a acheté le projet Antelope Valley à SunPower ou d’Agua Caliente à First Solar, il a bénéficié d’un crédit d’impôt de 30% sur la construction des centrales.

L’avantage des SCPI “vertes”
Aujourd’hui, les Etats réfléchissent à encourager la constitution de SCPI tournées vers l’énergie renouvelable, ce qui permettrait de résoudre le déficit d’investissement sur ce secteur. Ce type d’opportunités a le plus de chances de se développer aux Etats-Unis, car c’est là que les SCPI sont les plus nombreuses et les plus développées. Selon la Securities and Exchange Commission, il existe déjà 172 SCPI sur le marché américain, qui pèsent ensemble près de 603 milliards de dollars. Et, depuis quelques années, l’ère est à l’élargissement des compétences des SCPI.

Ainsi ces SCPI peuvent investir dans les forêts, les centres de données, les antennes-relais de téléphonie mobile, les gazoducs ou encore les lignes électriques. Leur point commun est simple, il s’agit d’actifs tangibles qui génèrent des revenus sur une longue période. Et les infrastructures d’énergies renouvelables tombent également sous cette définition.

Ce secteur est clairement identifié actuellement comme particulièrement rentable. Gardez à l’esprit que le marché des SCPI est redevenu florissant depuis l’éclatement de la bulle immobilière américaine. Elles versent en moyenne un dividende 4,6%. Mieux, selon Bloomberg, le retour sur investissement a été en 2012 de 28%.

Pour Felix Mormann, chargé de recherche au centre Steyer-Taylor pour la politique énergétique et la finance de la faculté de droit de l’université Stanford, “les SCPI [dans l'énergie renouvelable] réduiront le coût financier des projets d’énergie solaire ainsi que le coût de l’électricité globalement”. Et de rajouter qu’elles “feront faire à l’industrie du solaire un grand pas vers l’indépendance aux subventions”. Enfin, l’avantage des SCPI est leur liquidité.

Les investissements dans le solaire sont très majoritairement effectués par des banques ou des investisseurs particuliers. Or, pour bénéficier comme Warren Buffett du crédit d’impôt, ces acteurs doivent conserver leurs parts plus de cinq ans. Avec une SCPI coté sur le NYSE, l’investissement dans le solaire, l’éolien ou encore la géothermie devient liquide.

[Matières à Profits a conseillé à ses abonnés tout récemment d'investir dans une de ces SCPI spécialistes des investissements verts. Passée en positif en 2012, avec un bond de 140% de son CA, cette société continue sur sa lancée depuis. Avec entre ses mains plus de deux milliards d'euros d'actifs, cette SCPI est déjà un grand du renouvelable. Retrouvez plus de détails dans Matières à Profits]

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de L'Edito Matières Premières et de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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