Ces dernières années nous nous étions habitués à tresser des lauriers aux dirigeants chinois
Véritable stratège des marchés, Pékin attendait patiemment la baisse des cours pour se ruer sur le marché et regarnir ses stocks à peu de frais. Ce fut le cas pour les métaux, cuivre et aluminium en tête, à partir de fin 2008. Véritable Sun Tzu des matières premières, Francis Drake du fret maritime, personne ne voyait pourquoi Pékin aurait abandonné une stratégie qui lui avait si bien réussi jusqu’à présent.
C’était sans compter les 1,5 milliard de bouches chinoises à nourrir
La stratégie chinoise est en train d’atteindre ses limites devant les contraintes de la demande alimentaire. Actuellement, Pékin se rue sur une denrée qui n’a pratiquement jamais été aussi chère, le soja. Les cours ont pris 20% depuis le début d’année. A 14 $ le boisseau, ce denier se rapproche dangereusement du prix de la chanterelle ou de l’ortolan.
Et en dépit du passage symbolique au-dessus des 14 $, la Chine accélère le rythme de ses importations. Cette année, Pékin a l’intention d’importer 165 000 tonnes de soja, soit une hausse de 8% comparé à la saison 2010-2011.
C’est désormais certain, la Chine ne pourra pas se priver du jour au lendemain d’oléagineux. C’est là que réside notre principale opportunité d’investissement.
Les substituts au soja vont décoller, car la hausse du soja entraîne dans sa roue les autres marchés similaires.
En suivant cette “tache d’huile”, vous dénicherez une opportunité unique.
Les boisseaux de soja et de colza sont devenus inabordables
De manière concomitante, les marchés du soja et du colza ont décollé.
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Le soja victime de La Niña
En Amérique du Sud, les récoltes de soja ne cessent d’être revues à la baisse depuis des mois. Suite au phénomène météorologique La Niña, l’Argentine, troisième exportateur de soja au monde, a vu ses récoltes fondre de 5%. Au Brésil, les récoltes devraient baisser de plus de deux millions de tonnes, comparées aux premières estimations. Ainsi les cours du soja ont déjà pris 20% en 2012.
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Le colza victime du gel en Europe
Les récoltes de colza en Europe devraient également baisser d’1 million de tonnes, et s’établir ainsi à 19 millions, pour cette année. Le gel en Europe de l’Est et la sécheresse en Europe de l’Ouest, pourraient continuer de faire monter les cours. Ils ont déjà pris 7% en 2012, pour approcher les 500 euros la tonne (plus-haut depuis 10 mois).
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La canola décolle à son tour
Pour être tout à fait complet, il faut mentionner la canola. Il s’agit d’une variante du colza, essentiellement cultivée par le Canada. Ses prix ont déjà décollé, pour atteindre un plus-haut depuis 13 mois, à plus de 600 $ la tonne.
Ainsi deux du triumvirat des principaux oléagineux se retrouvent en position haussière. Les regards se sont naturellement tournés vers les producteurs de la troisième huile, l’huile de palme.
L’huile de palme devient recherchée
L’huile de palme est réputée pour être l’huile la plus abordable des trois. Pourtant ses cours ont fortement augmenté récemment, à plus de 1 200 $ la tonne à Kuala Lumpur.
La première raison est évidente. La demande en oléagineux des marchés chinois et indien reste structurellement forte. Or la hausse des cours du soja a conduit ces deux pays à diversifier leurs importations d’huile. Ainsi les importations d’huile de palme ont explosé de 25% ces quatre derniers mois en Inde, et de 33% en Chine.
Mais d’autres facteurs plus conjoncturels ont soutenu l’huile de palme.
La Thaïlande met de l’huile sur le feu
Plus inhabituelle, la Thaïlande est arrivée sur le marché international de l’huile de palme.
La sécheresse qui a frappé les plantations de palmiers à huile du sud du pays a réduit considérablement la production du pays. La monarchie, traditionnellement auto-suffisante, a vu ainsi les prix commencer à augmenter.
Cet accident climatique s’est conjugué avec la progression des biocarburants. Ceux-ci ne cessent de grignoter des hectares sur les plantations destinées à l’alimentation. Ainsi, désormais 25% de la production nationale est accaparée par la fabrication de biodiesel.
Devant la hausse des prix sur le marché intérieur, le gouvernement a finalement décidé de recourir aux importations.
La Malaisie sauvera le marché de l’huile de palme
C’est du côté de Kuala Lumpur que des pays comme la Thaïlande ou la Chine se sont naturellement tournés, car la Malaisie est le deuxième producteur d’huile de palme au monde. Surtout, le pays s’attend à une bonne récolte cette année. Il sera alors en première ligne pour profiter de la hausse des cours de l’oléagineux, au moins jusqu’en juin prochain. Le prix de la tonne à Kuala Lumpur pourrait atteindre les 1 300 $ la tonne en juin.
La Malaisie est ainsi rentrée sur les radars de Rabobank. La banque résumait bien la situation, en déclarant que “le rythme soutenu des exportations malaisiennes témoigne de la forte demande pour l’huile de palme, alors que les perspectives pour l’huile de soja et de colza déclinent“.
Les cours des leaders de l’huile de palme malaisien ont ainsi décollé dans la foulée.
C’est notamment le cas de Genting Plantations, cotée sur la bourse de Kuala Lumpur.
Mon conseil
La difficulté de ce type de marché est d’atteindre les places concernées.
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Ainsi pour les plus aventureux des investisseurs, la place de Kuala Lumpur sera idéale pour profiter de la hausse de l’huile de palme. Plusieurs groupes peuvent représenter une cible potentielle, comme Genting Plantations ou IOI Corporation.
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Pour les investisseurs plus prudents, la place de Singapour représente tous les atouts de la sécurité. Ainsi Olam, pendant asiatique de géants comme Louis Dreyfus ou Glencore, est une des grosses valeurs impliquées dans le commerce de l’huile de palme. Investir sur Olam, c’est un pari d’avenir.
Faites votre choix !



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